Abemtui, militaire retraité, ramasseur d’ordures : « il n’y a pas de sot métier »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 12 mai 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Emploi
AUTEUR : Masbé Ndengar

Abemtui est un militaire à la retraite. Avec son dernier salaire, il a acheté un âne et une charrette. Il s’est trouvé un autre métier : rendre la ville de Ouagadougou propre en ramassant les ordures. Il refuse « la vie de canapé » qui semble être adulé par bon nombre de retraités. « Après la retraite, une autre vie est possible », foi de l’ancien militaire.

Le natif du Nahouri a décidé ainsi d’apporter sa contribution au développement de son pays. Il sillonne chaque matin la capitale burkinabè pour la débarrasser des immondices et autres impuretés, causes de nombreuses maladies. Pour lui être ramasseur d’ordure n’est pas un métier dévalorisant mais bien au contraire : « il n’y a pas de sot métier », dit-il. Il est fier de son nouveau métier qui le fait vivre.

Avec les menaces terroristes et le grand banditisme, le soldat Abemtui se dit être prêt à défendre son pays jusqu’au dernier cartouche, au cas où l’armée lui fait recours.

« Un Africain authentique est celui-là qui sait ce que ses ancêtres faisaient avant. Si vous ne connaissez pas votre passé, vous n’êtes pas un Africain. Si vous ne savez pas ce que faisaient vos ancêtres vous n’êtes pas un Africain. Si vous interroger les africains, 90% d’entre eux ne savent pas que leurs ancêtres ont été les premiers à avoir créé une religion donc ils suivent ce qu’on leur dit, ils appliquent ce qu’on leur dit et rejettent leur propre origine. On ne peut s’en sortir quand on rejette sa propre origine. On ne peut pas se réaliser dans la peau d’autrui. Un Africain ne sera jamais un Français, ne sera jamais un Arabe…il faut qu’il soit lui-même : c’est ça être un Africain authentique. Être soit même, savoir ce que les ancêtres faisaient et essayer de suivre la route. Si on fait cela, vous verrez qu’en moins d’un quart de siècle on s’en sortira. Notre jeunesse sera une jeunesse forte à l’égal des jeunesses d’autres pays du monde »,

Doumbi Fakoly sur Droit Libre TV en Janvier 2017.

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