Adoption du nouveau code électoral au Burkina Faso : quel avenir pour la réconciliation nationale ?

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : lundi 13 avril 2015
CATEGORIE : Blog
THEME : Politique
AUTEUR : Redaction

Le nouveau code électoral a été adopté par le Conseil National de Transition à la majorité des voix ce mardi 7 avril 2015 : 75 voix pour, 10 contre et 3 abstentions. Le vote de cette loi exclut du coup certains partisans de l’ancien régime. Le torchon brûle désormais sur l’échiquier politique burkinabè.

C’est dans un climat d’apparente tension que le nouveau code électoral a été voté. Le parti du président déchu, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) s’est battu bec et ongle pour faire échouer le vote, mais il a été battu par une majorité écrasante. Dès lors, les partisans de l’ancien régime crient au scandale et à l’exclusion : « Le nouveau code électoral est une violation flagrante et grossière de plusieurs dispositions de la Constitution du Burkina Faso », dit Léonce Koné, président du directoire du CDP. Cela n’est pas sans conséquence. En effet, le CDP suspend sa participation au CNT par le retrait de ses représentants. Par la voix de Léonce Koné, le parti se retire également du processus de réconciliation en cours. Le dernier ministre des affaires étrangères de Blaise Compaoré, Djibril Bassolé lui martèle qu’il se présentera contre vents et marées.

Des questions évidentes se posent avec acuité à l’analyse de ces positions. Si la modification de l’article 37 était passée, Djibril Bassolé allait-il se présenter en 2015 contre Blaise Compaoré ? Ou est-ce au lendemain de l’insurrection populaire qu’il s’est découvert un destin de Président du Faso ? Même si en politique la question de l’éthique et de la morale se réajustent en fonction des intérêts, est-il décent que ceux par qui, même par leur silence, le "malheur" est arrivé (30 morts) se pavanent allègrement au point d’exiger leurs droits à demeurer les maîtres ?

Concernant la Transition, le citoyen attend de voir comment elle jugulera cette crise ouverte avec les dignitaires de l’ancien régime. Les arrestations même si elles sont à saluer, se font- elles selon les règles de droit ? Est-ce une tactique pour les disculper et les laver juridiquement de tout soupçon ? L’avenir est certainement porteur de réponses. Nous attendons mais avec une veille de fermeté quant au respect des droits des uns et des autres.

Masbé NDENGAR

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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