Affaire Albert Nagreogo et Bernard Bougma : Une atteinte à la liberté de la presse ?

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : jeudi 11 février 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Médias

« Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de son journal dans son journal ». Bedos. Deux confrères, les journalistes Albert Nagreogo et Bernard Bougma, respectivement rédacteur en chef et chef de service multimédia et langues de la chaîne de radio Oméga fm, se sont vu débarquer de leurs postes de responsabilité sans autre forme de procès. Une entrave à la liberté de la presse ? Affirmatif pour beaucoup d’auditeurs de la radio et observateurs de la scène médiatique burkinabè.

Ces derniers jours avec cette affaire de pression qui pèserai sur la justice militaire afin qu’elle lève le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, les confrères ont fortement contribué à relayer la colère et l’indignation des populations. De la déclaration du mouvement le Balai Citoyen du 07 février, à l’interview de Me Farama en passant par les analyses personnelles, Oméga et ses deux « chefs » de la rédaction, Nagreogo et Bougma, ont fait preuve de professionnalisme dans le traitement de l’information.

Cela a mis les autorités en difficulté et susciter une conférence de presse de justification qui n’est rien d’autre que la conséquence de la pression qui était de plus en plus grandissante. Que se passe-t-il réellement à la radio Omega ? Une question à plusieurs inconnues. « Le DG a reçu l’ordre de me démettre de mes fonctions », a affirmé Albert Nagreogo sur sa page facebook. Le DG a-t-il reçu l’ordre de qui ? D’Alpha Barry, fondateur de la radio et tout nouveau ministre des affaires étrangères ? C’est l’opinion dominante et la plus cohérente d’ailleurs. Si ce n’est pas le fondateur, qui pourra donner des injonctions au DG ?

Si cet argument venait à se confirmer, cela constitue une atteinte grave à la liberté de la presse, une immixtion de l’exécutif dans le 4e pouvoir, la presse, peu importe que la radio soit la propriété privée d’un ministre.

Vivement que la direction de la radio éclaire les auditeurs, la population sur ces notes de services, sans têtes ni queues, qui suscitent incompréhension, colère et indignation.

Ismaël Compaoré

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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