Amnesty International en guerre contre le mariage forcé et précoce !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 27 avril 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Société
AUTEUR : Redaction

Amnesty International a animé une conférence de presse à Ouagadougou le 26 avril 2016. Pour les responsables de cette structure, il s’agit de faire des recommandations à l’Etat afin que l’âge requis de mariage pour les jeunes filles soit au moins de 18 ans. Pour Amnesty International, la situation est préoccupante dans la mesure où au Burkina Faso, une fille sur deux est mariée avant l’âge de 18 ans. L’organisation recommande entre autre l’utilisation de la contraception et demande à l’Etat de rendre le prix accessible aux femmes.

Amnesty International a animé le 26 avril 2016 à Ouagadougou une conférence de presse dont l’objectif est d’attirer mais aussi de faire des recommandations aux autorités sur le mariage forcé et précoce des jeunes filles. Selon Amnesty International, les taux de mariages précoces et forcés au Burkina Faso sont parmi les plus élevés au monde et le pays a l’un des taux les plus bas de recours aux contraceptifs. Pour l’organisation, il est inadmissible de donner en mariage une fille de 13 ans : « donner sa fille en mariage à 13 ans est scandaleux ! », s’insurge, Yves Boukari Traoré, directeur d’Amnesty International Burkina Faso.

Les filles n’ont aucune liberté de choisir leur conjoint et surtout le moment où elles décideront de se marier et cela doit cesser : « bien trop de femmes et de jeunes filles au Burkina Faso n’ont aucun contrôle sur leur vie : elles sont privées du droit de choisir si, quand et avec qui elles se marient et si elles souhaitent avoir des enfants », a déclaré Alioune Tine, directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty International.

Amnesty International dénonce et indexe les parents qui menacent les jeunes filles qui résistent au mariage forcé. Maria, une adolescente de 13 ans, rencontrée par Amnesty raconte sa mésaventure : « mon père m’a marié à un homme de 70 ans qui avait déjà cinq épouses. Mon père m’a dit que si je ne rejoignais pas mon mari, il me tuerait. », Pour se sauver, en a croire à Amnesty International, Maria a dû marcher pendant trois jours et parcourant de ce fait près de 170km à pied pour se retrouver dans un centre d’accueil pour jeunes filles.

L’organisation interpelle l’Etat à être plus regardant sur la question car, selon elle, en vertu du droit du Burkina Faso, une jeune fille doit être âgée d’au moins 17 ans pour pouvoir se marier, et pourtant, poursuit Amnesty, plus de la moitié, soit 51,3% des filles de 15 à 17 ans dans la région du Sahel sont déjà mariées.

La situation en milieu rural est tout autre, car Amnesty affirme que plus de 30% des filles et des jeunes femmes de 15 à 19 ans en milieu rural sont enceintes ou ont déjà leur premier enfant.

Le renforcement des alliances familiales, l’acquisition d’un statut social ou en échange de biens, d’argent et de services sont entre autres des raisons qui expliquent que certains parents donnent leurs filles en mariage forcé. Pour les conférenciers du jour, ces pratiquent n’honorent pas la femme et compromettent son avenir. En termes de mesures palliatives, Amnesty recommande la méthode contraceptive qui pourrait permettre d’éviter les grossesses non désirées et qui sont parfois à haut risque. Pour ce faire, il demande à l’Etat de rendre le prix accessible à toutes les femmes.

Masbé NDENGAR

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

img