Biens mal acquis : des tueurs silencieux

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mardi 23 décembre 2014
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Economie
AUTEUR : Gabriel KAMBOU

L’immense richesse du continent africain n’est pas un conte de fée. Comme ne l’est pas aussi l’extrême pauvreté de sa population. C’est un contraste qu’un homme traque : l’avocat William Bourdon, auteur de la plainte des biens mal acquis contre 3 chefs d’Etat africains. Il était l’invité du Réseau de lutte anti-corruption RENLAC au Burkina Faso à l’occasion de la journée internationale de lutte contre la corruption, le 9 décembre 2014. William Bourdon a animé deux conférences publiques qui ont drainé du monde. Normal, les Burkinabè sont à la quête de la recette magique pour recouvrer les biens mal acquis des dignitaires du régime déchu de Blaise Compaoré. A la découverte de l’homme qui titille le sommeil des nababs africains !

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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