Bras de fer entre le gouverneur de Zinder et le syndicat des magistrats

PAYS : Niger
DATE DE PUBLICATION : lundi 27 juillet 2015
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

Sur ordre du procureur de Zinder, des individus mis sous mandat de dépôt ont été libérés. A la grande surprise de tous, c’est le gouverneur de la région, Kalla Moutari, qui a donné cet ordre. Cette affaire qui suscite des inquiétudes risque d’obscurcir l’image des autorités administratives de la région. S’appuyant sur le principe de séparation des pouvoirs, le Syndicat Automne des Magistrats du Niger (SAMAN), s’insurge contre l’ingérence du gouverneur dans les affaires judiciaires, et voici leur version des faits.

Selon le secrétaire général du SAMAN, section de Zinder, les faits remontent au 15 juillet 2015. Un de leur membre s’était rendu à la direction régionale des mines et de l’énergie de Zinder pour retrouver sa belle-sœur qui devait l’accompagner au centre de soin avec son enfant malade. Pendant qu’il se gare, un motocycliste arrive derrière lui et lui demande de bouger son véhicule pour qu’il puisse passer. Le camarade lui dit qu’il peut bien passer, car il n’a pas obstrué le passage. Têtu qu’il est, le motocycliste refuse d’avancer et attend qu’on lui cède le passage … puis d’un coup, il démarre son engin et percute le véhicule. Certainement, le malheureux ignorait qu’il venait de provoquer un substitut de procureur. Comme par magie, un autre individu arrive et commence à filmer la scène avec son téléphone portable à « d’autres fins » ajoute le camarade SG. Entre-temps, un troisième individu sort des bureaux, et arrive sur les lieux. Il s’ingère dans la dispute et qualifie le substitut d’insolent. Outre les propos discourtois, il profère même des menaces à son endroit.

En bon citoyen, le juge fait appel à la police qui ne tarde pas à venir. Lors de l’interpellation sur les lieux, les prévenus opposent une résistance farouche avant de se faire embarquer. Après cette plainte, le procureur fait un mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Zinder. Aussitôt informé, le gouverneur de la région appelle le plaignant pour lui demander les motifs pour lesquels il poursuit ces personnes. Et selon le substitut du procureur, elles sont poursuivies par voie de fait, un terme juridique que le gouverneur ne comprend pas (moi-même, c’est pour la première fois que j’entends ce terme). Le substitut a pris tout son temps pour expliquer au gouverneur le sens du terme. Convaincu ou pas, le gouverneur a dit au substitut qu’il n’est pas le « roi de Zinder », et qu’il ne peut pas se permettre de poursuivre n’importe qui. Pourquoi pas ? Le soir vers 20 heures, les prévenus sont exfiltrés selon le secrétaire général du SAMAN. Le régisseur de la prison de Zinder a dit avoir reçu l’ordre du gouverneur. Il craint pour son poste, c’est pourquoi il s’est exécuté.

Le syndicat autonome des magistrats du Niger ne voit pas cette décision d’un bon œil. Et dans leur point de presse de la semaine dernière, il affirme qu’au Niger personne n’a le droit de libérer un prisonnier à l’exception du juge, même le président de la République ni même le ministre de la Justice. Kalla Moutari, un politicien en liberté provisoire depuis plus de 15 ans risque de sortir affaibli de cette affaire. Mais les prochaines semaines nous édifieront davantage.

Article initialement publié sur le blog de Tejane

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

Article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH)

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