Burkina Faso : Une exposition photo présente le combat des femmes et des filles pour leurs droits

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mardi 8 mars 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Société

Le 8 mars, Amnesty International lance une exposition photo qui raconte l’histoire de femmes et de jeunes filles au Burkina Faso qui font preuve de courage et de détermination dans leur lutte pour triompher de la violence, des abus et des violations de leurs droits.

L’exposition présente 12 portraits, dont certains clichés pris par la photographe Leila Alaoui, qui a trouvé la mort en compagnie de son chauffeur Mahamadi Ouédraogo lors d’une attaque d’al Qaïda à Ouagadougou en janvier dernier. Un hommage sera rendu à Leila et Mahamadi lors de l’inauguration de l’événement dans la ville de Ouahigouya, dans le nord du pays. Ce fut la dernière ville où ils se sont rendus dans le cadre de le leur mission.

"Cette expo raconte l’histoire de femmes et de jeunes filles qui ont triomphé contre toute attente. Qu’elles aient été mariées de force alors qu’elles étaient encore des fillettes ou aient enduré des épreuves en tant que victimes de discrimination, elles ont toutes lutté pour protéger leurs droits dans l’espoir d’un avenir meilleur", a déclaré Samira Daoud, directrice adjointe des campagnes pour la région Afrique centrale et Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Et il y a matière à se réjouir. La semaine dernière, le gouvernement s’est engagé à fixer l’âge du mariage pour les filles à 18 ans et à garantir la gratuité des soins pour les femmes enceintes, en vue de faire baisser le taux de mortalité maternelle. »

Le Burkina Faso se place au 7e rang mondial s’agissant des mariages d’enfants. Une fille sur 10 est mariée avant l’âge de 15 ans, et certaines n’ont alors pas plus de 11 ans. Plus de la moitié des femmes du pays sont mariées avant l’âge de 18 ans. Par ailleurs, 17 % des femmes seulement utilisent la contraception – l’un des pourcentages les plus faibles au monde.

Le 13 mars, l’exposition sera installée dans la capitale Ouagadougou, en collaboration avec l’association des femmes enseignantes.
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Complément d’information
En 2015, Amnesty International a lancé sa campagne Mon corps, mes droits au Burkina Faso, accompagnée d’un manifeste pour les droits humains, qui invite à se positionner plus fermement contre les mariages forcés et précoces et à faciliter l’accès des filles et des femmes à la contraception ainsi qu’à des services et à l’information touchant à la santé en matière de sexualité et de reproduction. Un rapport doit être publié au mois d’avril.


Communiqué de presse d’Amnesty International

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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