Burkina : Le Balai Citoyen, « ambassadeur de la conscience », présente son prix à la presse

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 20 juillet 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Société
AUTEUR : Redaction

Amnesty International a décerné cette année 2016 le prix « Ambassadeurs de la conscience » aux personnes et aux structures qui ont fait preuve d’un courage exceptionnel pour défendre les droits humains face à l’injustice. Les lauréats, tous africains, sont entre autre Angelique Kidjo, la Lucha (Lutte pour le changement) de la République du Congo, le mouvement Y en a Marre du Sénégal et le Balai Citoyen du Burkina Faso. Ce prix a été décerné à Dakar au Sénégal le 28 mai 2016. Après l’avoir présenté au chef de L’État, Roch Marc Christian Kaboré, c’est le tour de la presse de prendre connaissance dudit prix. Et ce, le Balai Citoyen a tenu à le faire lors d’une conférence de presse qu’il a organisée à son siège à Ouagadougou le 19 juillet 2016. La question des koglwéogo, l’indemnisation des victimes de l’insurrection, le relatif silence du Balai Citoyen face à l’actualité nationale … ont été à l’ordre du jour sans oublier le soutien du mouvement à leurs camarades de la RDC et du Burundi emprisonnés.

Le prix « Ambassadeurs de la conscience » 2016 a été décerné à une des grandes voix africaines pour la cause des femmes, Angelique Kidjo et à trois mouvements des jeunes à savoir la LUCHA de la République du Congo, le mouvement Y EN A MARRE du Sénégal et le Balai Citoyen du Burkina Faso. Ils ont été récompensés, selon l’esprit du prix pour avoir marqué d’une manière indélébile le continent africain en mettant brillamment leur talent au service de la justice. Le prix leur a été remis à Dakar au Sénégal le 28 mai dernier. Me Guy Hervé Kam, l’un des porte-parole du Balai Citoyen dit que c’est avec humilité que leur mouvement a reçu le prix et c’est tout le peuple burkinabè qui en a été honoré : « c’est la reconnaissance de l’engagement du peuple burkinabè en faveur de la démocratie ». Ce prix, selon Guy Hervé Kam, représente un contrat avec l’avenir, c’est pour cela, de son avis, que le mouvement doit être encore davantage sur le chemin de la démocratie, de la justice et du développement.

Le Balai Citoyen dit être solidaire avec ses camarades du Filimbi et de la Lucha de la RDC et du Burundi emprisonnés : « au moment où nous vous présentons ce prix, des jeunes africains sont tués, martyrisés, violentés en Afrique notamment au Burundi et en RDC », déclare Guy Hervé Kam qui poursuit : « nos pensées vont à Fred Bauma et ses compagnons arbitrairement détenus dans les geôles de Kabila depuis le 15 mars 2015. Leur seul tort est d’avoir osé demander le respect de la constitution de leur pays ». Le Mouvement a invité de ce fait, toutes les organisations interafricaines, internationales et toutes les nations éprises de justice et de liberté à faire de la liberté des prisonniers d’opinion, notamment ceux de la Lucha-Filimbi une de leur préoccupation majeure.

Le Balai Citoyen dine-t-il avec les tenants du pouvoir ?

Un confrère estime que le Balai Citoyen est aux abonnés absents sur le terrain de la lutte ces derniers temps et cherche à savoir s’il dîne avec les tenants du pouvoir. « Heureusement que vous n’avez pas dit que nous dinons avec le diable », a répondu Guy Hervé Kam sous un éclat de rire avant de lui signifier que c’est le terrain qui détermine la lutte et la méthode à appliquer. « Nous ne sommes pas absents sur le terrain, nous sommes bel et bien là. Actuellement nous faisons de la sensibilisation », a-t-il confié avant d’ajouter : « l’action des 30 et 31 octobre 2014 n’a pas été spontanée. Il y a eu un travail de sensibilisation qui a été fait au préalable ». Comme il fallait s’y attendre avec le sujet qui est sur toutes les lèvres, notamment les koglwéogo. Sur cette question brûlante, le porte- parole du Balai Citoyen laisse entendre que pour un sujet dont les points de vue sont divergents et surtout qu’il relève de la sécurité, c’est la responsabilité de L’État qui est engagée. Il dit avoir discuté personnellement avec les koglwéogo et ces derniers lui ont signifié que ce sont les riches qui sont en villes qui sont contre eux.

Les victimes de l’insurrection sont-elles oubliées ?

Les victimes de l’insurrection attendent que justice leur soit rendue mais jusque-là rien. Le Balai Citoyen les a-t-il oubliés ? « Nous ne les oublierons jamais et elles ne seront jamais oubliées ! » a promis Guy Hervé Kam. Il dit que le mouvement a fait ce qu’il pouvait faire. Il aide les familles des victimes en apportant l’éclairage sur leur droit. En plus, le Balai Citoyen est disposé à accompagner les victimes qui souhaiteraient la poursuite devant les juridictions. La question relative à l’indemnisation des victimes, le porte-parole dit que son mouvement suit de près le dossier : « les mesures ont été prises sous la transition donc L’État doit indemniser les victimes ». Le mouvement s’apprête à commémorer ses trois ans d’existence le 25 août 2016.

Masbé NDENGAR

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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