Camp Boiro : 45 ans après, le souvenir des familles des victimes reste vif

PAYS : Guinée
DATE DE PUBLICATION : jeudi 24 mars 2016
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Société
AUTEUR : Moussa Diawara

Me Aminata Barry est la fille de Barry Diawadou, victime du tristement célèbre camp Boiro, sous le règne de Sékou Touré. Diawadou Barry fût l’un des pères fondateurs de l’indépendance en Guinée, ancien ministre et ambassadeur, avant de se brouiller avec Ahmed Sékou Touré. Il a été emprisonné dans le tristement célèbre camp Boiro en 1969 et fusillé dans la même année. Son corps n’a jamais été retrouvé. Les organisations de défense des droits humains estiment que quelques 50 000 personnes sont mortes dans le camp Boiro.

Comme Aminata Barry, les autres parents, enfants, épouses et quelques survivants se sont réunis au sein de l’Association des victimes du Camp Boiro. Depuis sa création en 1985, l’Association des victimes du camp Boiro revendique en vain la restitution des charniers où sont enterrées les victimes. Ils ont également demandé le marquage des lieux de crime par des stèles. C’est finalement en janvier 2016 que la première pierre a été posé pour la construction d’un stèle sur le site du camp Boiro. L’association travaille également avec les victimes des autres tragédies en Guinée comme celle de la répression au Stade du 28 septembre sous le régime de Dadis Camara.

Me Barry a écrit trois livres pour retracer l’histoire de sa famille et son combat pour plus de justice en Guinée. Droit Libre TV l’a rendu visite pour un interview.

« Un Africain authentique est celui-là qui sait ce que ses ancêtres faisaient avant. Si vous ne connaissez pas votre passé, vous n’êtes pas un Africain. Si vous ne savez pas ce que faisaient vos ancêtres vous n’êtes pas un Africain. Si vous interroger les africains, 90% d’entre eux ne savent pas que leurs ancêtres ont été les premiers à avoir créé une religion donc ils suivent ce qu’on leur dit, ils appliquent ce qu’on leur dit et rejettent leur propre origine. On ne peut s’en sortir quand on rejette sa propre origine. On ne peut pas se réaliser dans la peau d’autrui. Un Africain ne sera jamais un Français, ne sera jamais un Arabe…il faut qu’il soit lui-même : c’est ça être un Africain authentique. Être soit même, savoir ce que les ancêtres faisaient et essayer de suivre la route. Si on fait cela, vous verrez qu’en moins d’un quart de siècle on s’en sortira. Notre jeunesse sera une jeunesse forte à l’égal des jeunesses d’autres pays du monde », Doumbi Fakoly.

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