Cappuccino, 2 ans après l’attaque terroriste : un restaurant en hommage à la vie

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : dimanche 14 janvier 2018
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Société
AUTEUR : Souleymane DRABO

Le 15 janvier 2016, l’Avenue Kwamé Nkrumah à Ouagadougoua été la cible des terroristes. Au terme de l’attaque, l’on dénombre une trentaine de pertes en vie humaine, plus de 70 blessés et la destruction de certains établissements dont le restaurant Cappuccino. Gaetan Santomenna, le propriétaire, y a perdu des clients, son épouse et son fils.

Le Cappuccino a refait peau neuve et rouvert ses portes il y a quelque mois de cela. Depuis lors, le restaurant est devenu un symbole de résistance, une preuve que la vie s’emporte sur la terreur car, selon les mots de Gaetan Santomenna, « ne rien faire, ce serait accepter ce qui est arrivé. Garder le Cappuccino ouvert, c’est un devoir de mémoire par rapport à ceux qui sont partis."

Deux ans après ce drame, nous revenons sur la réouverture du restaurant et la volonté manifeste de ne pas plier l’échine face au terrorisme, à la mémoire des victimes.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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