Ces patients qui nous rendent la tâche difficile

PAYS : Togo
DATE DE PUBLICATION : mardi 18 juillet 2017
CATEGORIE : Blog
THEME : Santé

Il est fréquent de voir des patients invectiver les praticiens hospitaliers dans leur dos – car ils ont rarement le courage de le faire en face – qui pour les blâmer du décès de leur proche, qui pour se plaindre du coût des examens demandés, qui pour se plaindre de l’inefficacité de la thérapie, qui pour se plaindre de la cherté de l’ordonnance.
Le processus de guérison dépend quasi-exclusivement du malade. Le seul rôle du médecin est de diagnostiquer, conseiller et faire un suivi. En effet, le médecin montre la voie de la guérison, il appartient seul au malade de la suivre ou de faire selon sa volonté. Le médecin n’est pas un baby-sitter.

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Ces patients qui ne suivent pas leur traitement par caprice

Je me sens bien. Je peux arrêter mon traitement même si le médecin a dit sur 8 jours. Nombreux sont les personnes qui disent pareilles inepties. Il faut une durée donnée pour qu’un traitement soit efficace, pour éradiquer complètement l’agent pathogène de l’organisme. Ce n’est pas parce que vous vous sentez bien au bout de deux jours de traitement que vous pouvez vous permettre de laisser tomber les jours restants. Si le même mal réapparait au bout de quelques semaines, d’aucuns diront que le traitement a été inefficace et diront du médecin qu’il est incompétent, faisant fi de leur seule et unique responsabilité. A eux seuls la faute !

Les raisons poussant les patients à ne pas adhérer à une thérapie sont diverses, mauvais goût du médicament, effets secondaires désagréables (prurit, rash cutanés, urticaires …etc.), traitement trop cher, manque de ressources financières, caprices personnels, mauvaises compréhensions des conséquences de non-adhésion aux recommandations du médecin … etc.

Pour les cas de médicaments chers, le médecin s’efforcera dans la mesure du possible à prescrire des génériques (généralement moins chers). Par ailleurs les centres de santé publics (CHU, CHR) disposent de services sociaux pour aider la population à supporter les frais liés aux soins médicaux. Peu de personnes le savent !

La non-adhésion des patients aux recommandations du médecin sont frustrantes pour celui-ci et dangereux pour le patient lui-même. Cela aura pour conséquences des coûts supplémentaires pour le système médical (cas du programme national de lutte contre le VIH – SIDA) en raison d’une augmentation des complications et des hospitalisations, des possibilités de résistances de l’agent pathogène au médicament (cas des antibiotiques) … etc.

Améliorer l’adhésion du patient au traitement apparait comme la solution salvatrice pour sauver plus de vies et réduire les coûts de prise en charge médicale des populations.

Prenons deux cas concrets en exemple :

Cas 1 : Un patient obèse dont les résultats à l’épreuve d’effort était négatif se présente à l’urgence en raison d’une douleur au thorax localisé derrière le sternum apparu à la suite d’un repas généreux et bien arrosé. L’ECG révèle des altérations non spécifiques et l’analyse des marqueurs cardiaques, ainsi que les résultats de télémétrie sont normaux. Un diagnostic d’œsophagite peptique est posé. Le lendemain le patient est de nouveau évalué au cabinet du médecin. Le patient ne se plaint que de douleurs quand il mange. Un diagnostic de reflux gastro-œsophagien est posé. Le médecin discute avec le patient de facteurs de risque de maladie cardiaque à savoir : le stress et la consommation excessive d’alcool. Il lui recommande de subir une épreuve d’effort cardiaque ainsi que de consulter un cardiologue et un gastro-entérologue. Le patient refuse. Quelques semaines plus tard le patient décède d’une crise cardiaque.

Cas 2 : Un patient féminin âgé de 23 ans se présente à l’hôpital pour raison de fièvre, courbature, non-satisfaction après miction et douleurs lors de la miction. Les examens ont révélé une infection du tractus urinaire. La recommandation du médecin préconise une antibiothérapie sur 14 jours. Après 7 jours de traitement, le patient décide unilatéralement d’arrêter son traitement parce qu’il se sent mieux. 3 mois après, rebelote ! Même infection, même comportement du patient. Au bout de la 11ième infection identique, l’antibiothérapie ne répond plus. Ceci a pour conséquence l’utilisation d’un antibiotique beaucoup plus cher.
On déduit de ces deux cas réels, que les consignes d’un médecin sont à suivre à la lettre pour notre propre survie et bien-être.

Ces patients qui attendent que le mal s’empire avant de se rendre à l’hôpital

Il y a ce lot de personnes qui éprouvent mes nerfs de par leur bêtise. Le réflexe de consulter, de se rendre chez un professionnel de santé est la chose à faire quand un mal nous tient aussi anodin soit-il. Il appartient au professionnel de santé de déterminer le caractère anodin ou non de ce mal. N’attendez pas d’être dans un état grave avant de vous rendre à l’hôpital. Nous hôpitaux ici ne disposent pas des ressources nécessaires à la prise en charge de certaines urgences (AVC par exemple). Faites un bilan de santé au moins une fois l’an, même si vous vous trouvez en excellente santé. Ne faites jamais d’économies sur votre santé. Faites du sport. Mettez de la vie, de la jeunesse dans vos organes car vous le valez bien.

Bien à vous.
Ma parole est tombée !

Article initialement publié sur le blog de Laurier d’ALMEIDA

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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