Le CNP-NZ à la chasse des documents pillés lors du soulèvement populaire

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 14 novembre 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Médias
AUTEUR : Redaction

Ils ont été par ci et par là éparpillés pèle mêle et à même le sol. Certains sont vendus comme des cacahouètes à tout bout de chemin. Ils, ce sont les documents, cassettes, vidéos, photos, etc. retrouvés dans les domiciles de certains caciques du régime déchu de Blaise Compaoré. Pour souci de conservation pour une utilisation plus efficiente, le Centre National de Presse Norbert ZONGO a lancé un appel public à tous ceux qui détiendraient ces documents de bien vouloir les apporter. Pour mieux comprendre la démarche et l’esprit de cet appel, nous sommes allés à la rencontre de Cheryff SY, président du Comité de Pilotage du Centre National de Presse Norbert ZONGO.

DROIT LIBRE TV : Le comité du pilotage du Centre National de Presse Norbert ZONGO (CNP-NZ) a lancé un ‘’appel à documents’’ pour rentrer en possession des documents autrefois confidentiels retrouvés chez certains caciques de l’ex-majorité. Pourquoi avoir lancé cet appel ?

Cheryff SY  : Nous considérons que ces documents aussi bien officieux qu’officiels appartiennent d’abord à notre pays, à l’histoire de notre pays. Au vu de la qualité de ces documents et les types d’affaires qui sont pendants à la justice, il est important que l’on puisse récupérer ces documents. Constatant qu’au domicile de François Compaoré où les documents étaient dispatchés au hasard et vendus, nous avons remarqué que c’est une grosse perte et ce n’est pas évident que l’on fasse une exploitation plus sérieuse de ces documents dans ces conditions. Ce sont là toutes les raisons qui nous ont amené à lancer cet appel à l’endroit de la population, pour ceux qui voudraient bien nous les apporter pour que nous puissions les archiver, les capitaliser en terme de documentations, d’informations.

DROIT LIBRE TV : Avez-vous déjà reçu des documents importants ?

Cheryff SY : Il faut dire que jusque-là les réactions sont encore timides mais nous recevons tout de même quelques-uns.

DROIT LIBRE TV  : Quel sera l’usage prochain de ces informations, une fois capitalisé à votre niveau ?


Cheryff SY
 : Nous estimons que ces documents constituent un patrimoine de notre pays et il faut bien que quelqu’un en prenne soin et ne pas laisser ce patrimoine se dilapider ou se perdre. C’est aussi le souci de mettre ces documents à la disposition de la justice ou des chercheurs en cas de besoin. Et par cet acte, nous estimons que nous sommes dans un rôle démocratique parce que nous sommes un centre d’excellence. Vous n’êtes pas sans savoir que pendant cette insurrection populaire le centre a joué quand même un grand rôle. C’était d’ailleurs le bastion de l’insurrection. Nous avons aussi offert cet espace à toutes les organisations pour les discussions et les débats.

DROIT LIBRE TV : Quel appel avez-vous à lancer à ceux qui sont encore dubitatifs ?

Cheryff SY : Nous avons reçu l’appel de certains qui affirment craindre pour leur sécurité mais nous ne forçons personne ni obliger qui que ce soit à nous apporter les documents qui sont à leur détention. Mais je crois que si on aime son pays, si on est patriote et si on veut apporter sa contribution à l’émergence de la vérité sur un certain nombre de dossiers, il est souhaitable que ceux qui sont en possession de ces documents, mêmes fragmentaires puissent nous les apporter. Il serait aussi bon qu’au nom de la nécessité de garder notre patrimoine que ceux qui possèdent ces documents puissent nous les apporter. Nous au niveau du centre, nous avons la possibilité de numériser et d’archiver ces documents pour la conservation durable. Peu importe la nature du document, il peut éclairer un tant soit peu le pan de notre histoire. C’est pourquoi j’insiste et j’invite tous à prendre leur courage à deux mains et de nous les apporter.

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

img