Commémoration de l’an 1 du putsch : Un message fort des familles des victimes au gouvernement Thiéba

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : lundi 19 septembre 2016
CATEGORIE : Blog
THEME : Justice

Un an après le coup de force de l’ex-Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), les souvenirs restent intacts. Les jeunes, dans un hélant patriotique, sont descendus dans les rues pour sauver la Nation des mains des félons. 15 morts et plus de 250 blessés, c’est le sombre bilan de cette résistance face aux forces du mal. Le peuple se souvient encore comme si c’était hier de ce drame et les attentes de justice sont loin d’être atteintes. Pour exprimer leur ras-le-bol, les blessés et les parents des victimes ont boycotté la cérémonie officielle organisée par le gouvernement pour le premier anniversaire du putsch. C’est un signe assez fort qui doit interpeler plus d’un.

Il suffit juste d’approcher les victimes du putsch pour se rendre compte que la colère est grande. En effet, certains blessés se plaignent de n’avoir pas reçus de soins adéquats. La justice n’a pas été rendue aux victimes non plus. Les aides fournies par le gouvernement sont jugées insuffisantes pour couvrir les besoins des veuves et orphelins. Le mécontentement de la population est général. Les organisations de la société civile, les leaders politiques ne cachent pas non plus leurs frustrations. La commémoration de ce triste anniversaire n’a pas été, visiblement, organisée avec beaucoup de sérieux. Sinon comment est-ce que le gouvernement peut-il organiser un évènement aussi important sans impliquer les victimes ? Qui de mieux pour être au-devant ou au cœur de cette cérémonie que les familles des victimes ?

Pour se rendre compte du manque de sérieux dans l’organisation, il suffit de jeter un coup d’œil sur la « déclaration du gouvernement à l’occasion de l’an 1 de la résistance au coup d’État ». Un communique creux, sans message fort. Chose qui corrobore bien évidemment leur absence comme acteur de la résistance.

Ce manque de considération auquel s’ajoute l’insatisfaction des attentes ont engendré inévitablement le boycott de la cérémonie. Ce coup de pied des familles des victimes dans les fesses du gouvernement a été salué par plus d’un. Cette négligence gouvernementale nécessite un rappel des évènements : « C’est par le sacrifice de nos parents que vous êtes parvenus où vous êtes et aujourd’hui vous nous traitez comme des moins que rien », rappelle un membre des familles de victimes. D’aucuns confirment et soutiennent cet argumentaire en disant que les membres du gouvernement présents n’étaient pas dans les rues ce jour. La colère est encore plus grande lorsque la justice tarde à se manifester d’autant plus que certains estiment que les auteurs de ce sombre moment sont connus. Ce laxisme exacerbe bon nombre de personnes. Il faut s’activer à réparer cette maladresse qu’on pouvait en faire l’économie.

Le gouvernement Thiéba doit faire un effort pour pouvoir se racheter. Il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Masbé NDENGAR

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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