Droit au but, libre de ton : la coupe du monde 2014 et son cortège de fléaux sociaux, de délaissés …

PAYS : Autres Pays
DATE DE PUBLICATION : jeudi 12 juin 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Opinions
AUTEUR : Redaction

Ce 12 juin 2014 marque le début de la plus grande compétition de football de la planète terre. C’est la coupe du monde et tous les regards sont actuellement tournés vers le pays de la samba, le Brésil.

A la coupe du monde de football, c’est bien évidemment le football qui est à l’honneur, mais en plus de celui-ci d’autres activités et comportements connexes s’y greffent pour soit disant « rendre le séjour agréable aux milliers de supporteurs et touristes qui affluent de par le monde ». Parmi celle-ci, nous avons les déguerpissements de tous ordres, la hausse « exagérée » du coup des transports, du loyer, de l’alimentation, bref de tout ce qui peut faire engranger beaucoup de profit, rien que le profit à l’Etat brésilien et à la FIFA. En retour, tout est également mis en œuvre pour « rendre un mois des plus pénibles aux millions de brésiliens et immigrés moyens » qui semblent être des déchets humains, les vomissures d’un Brésil qui veut montrer un tout autre visage de lui au monde.

Ces « comportements cyniques » de la part des autorités municipales, gouvernementales et même de certains opérateurs économiques véreux est du genre à accroitre la misère grandissante qui sévi déjà dans les banlieues de Sao polo, de Rio de Janeiro, Porto alegre etc. Ces millions de brésiliens moyens aiment et vivent le football au quotidien. Ils ont également vue émerger parmi eux des stars planétaires à l’image du roi Pelé, de Romario, de Ronaldo, de Ronaldinho etc. Bien que se battant pour assurer le maintien (la survie), ils veulent eux aussi vivre ce 20ème rendez-vous mondial du football en toute quiétude derrière la Seleção.

De la contestation à l’horizon

La coupe des confédérations en 2013 a été l’occasion pour les populations de lancer un cri d’alarme à l’endroit de Dilma Russeff, un vaste mouvement de contestation contre l’ « augmentation exorbitante » des coups des biens et services les plus élémentaires. L’augmentation du prix du ticket de bus, du loyer … ont été les plus médiatisés, mais en dessous un vaste mouvement de corruption, le désintérêt des autorités vis-à-vis des services de santé, d’éducation etc. a été pointé du doigt. Visiblement leurs efforts ont été vains, réduits à néant dans le flot de louange auto-entrepris par le comité d’organisation et relayé par certains médias nationaux et internationaux. Les contestations vont se poursuivre certainement et la forte présence médiatique est sans doute un atout pour les manifestants. Les négociations se poursuivent et il faut qu’un regard, le plus sincère, soit jeté de ce côté du peuple car quoi qu’on dise, le Brésil, sans être le géniteur du football est tout de même le pays du spectacle footballistique le plus passionnant au monde. Et ça c’est tout à l’honneur du peuple brésilien, en particulier les nids d’enfants prodiges du football que constituent les banlieues. Compter nous, nous comptons aussi !

L’Afrique au Brésil

L’Afrique est dans la place. Gonflé en bloc, les 5 représentants africains que sont la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Cameroun, le Ghana et l’Algérie défendrons advienne que pourra les couleurs du continent. Mais comme chaque année des scandales, financiers pour la plus part, entachent et accompagnent certaines équipes qualifiées. Les lions indomptables de Samuel Eto’o se sont montrés intraitables, la semaine dernière, face aux primes en refusant tout compromis avec la fédération qui visiblement voulait jouer avec leur « gombo » (l’argent). Vivement que cette rage, ce collectif de défense de leurs intérêts, primes de matchs, soit transférée sur le terrain pour des victoires éclatantes. Ils ont, tout comme le Togo en 2006, refusé tout simplement de prendre le vol en direction du Brésil tant que cette question n’est pas réglée. Heureusement que tout est rentré assez rapidement dans l’ordre. Des appels téléphoniques en provenance de la FIFA ont certainement retenti dans les bureaux de la FECAFOOT, la Fédération Camerounaise de Football, passée experte dans l’art de la corruption. C’est donc devenu une coutume à l’approche des grandes compétitions continentales ou mondiales de football de voir des équipes Africaines montée au créneau pour des histoires de primes. Cela ne fait bien évidemment pas honneur au « continent noir », qui cherche depuis des lunes son premier finaliste à une phase finale de coupe du monde. L’espoir est permis et le rêve est humain. A Abidjan, Douala, Lagos, Accra, Alger et dans toute l’Afrique, des millions d’yeux et d’oreilles resteront scotchés devant des téléviseurs et postes radios pour pousser leurs équipes à la victoire, notre équipe de rédaction aussi.

Le regard sportif de Droit Libre TV

Entre droits humains, liberté d’expression et football, le lien n’est pas tout de suite visible. Et pourtant entre réjouissance populaire et souci de mieux être, il y a forcément un lien. L’injustice, la corruption, la gabegie, la censure, les privations etc. fleurissent dans des endroits de forte mobilisation d’hommes et d’argent. La coupe du monde est sans doute l’une des plus importantes surtout en ces moments de révélation, d’accusation du Qatar d’avoir « payé » le ticket de pays organisateur de la coupe du monde 2022. Droit Libre TV partagera donc des moments de football, de droits humains et de liberté d’expression tout au long de cette 20ème édition du mondial. Un regard particulier sera réservé à la rue, à la lutte des brésiliens moyens. Un reportage spécial de jeunes aspirants à la profession de footballeurs sera également réalisé, l’Afrique a du potentiel et il faut le promouvoir.

Toute l’équipe de rédaction de Droit Libre TV vous souhaites de bons moments de football en compagnie de vos équipes respectives.

« L’homme doit être occupé de telle manière qu’il soit rempli par le but qu’il a devant les yeux, si bien qu’il ne se sente plus lui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail. Ainsi l’enfant doit être habitué à travailler. Et où donc le penchant au travail doit-il être cultivé, si ce n’est à l’école ? L’école est une culture par contrainte. Il est extrêmement mauvais d’habituer l’enfant à tout regarder comme un jeu. Il doit avoir du temps pour ses récréations, mais il doit aussi y avoir pour lui un temps où il travaille. Et si l’enfant ne voit pas d’abord à quoi sert cette contrainte, il s’avisera plus tard de sa grande utilité. »

Emmanuel KANT, Réflexions sur l’éducation

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