Election présidentielle au Burkina : le ballet des candidats fantaisistes continu !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 17 juin 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Politique

L’insurrection d’octobre est passée. Un gouvernement de transition a été mis en place. Les institutions fonctionnent relativement bien. Le 11 octobre 2015, les burkinabè désignerons leur nouveau président. En attendant cette date, on observe un marathon de candidats, tous prétendant briguer la magistrature suprême. De Tintin l’entrepreneur en passant par Zedess le chanteur, personne ne veut rester en marge de la course vers Kosyam.

Kosyam à tout prix, même sans programme politique ou sans aucun projet de société. Bizarrement c’est après l’insurrection qui a expédié Blaise en belle-famille que certains se forgent un destin de président. « Plus rien ne sera comme avant » en ce sens que nous pensions que l’insurrection permettrait de se débarrasser des candidats plaisantins et laisser la place à ceux assez sérieux. Mais hélas ! C’est ça aussi le jeu en démocratie.

Allons seulement à Kosyam … même sans projet de société, ce n’est pas grave !

Le grand baobab est tombé le 31 octobre 2014. La bourrasque populaire a fini par l’arracher. Les arbustes commencent à s’épanouir. C’est normal. Loin de nous l’idée de s’opposer à une quelconque candidature dans la mesure où le multipartisme étant l’un des pliés très importants de la démocratie. Mais cela nous laisse pensif car tous ces « partis » chantent tous sur le même tempo et le refrain, on le connait : travailler pour le développement du pays. Comment comptent-ils développer le pays dans la mesure où ils sont tous frappés par la pauvreté des projets de société ? Si le pays peut amorcer son développement sans programme politique ou sans projet de société, alors tant mieux. Nous craignons bien fort l’arrivée des charlatans sur l’échiquier politique, qui penseraient qu’il suffit d’une baguette magique pour hisser le Burkina sur le chemin de l’émergence. Chaque jour se lève avec son parti politique au point qu’on en compte plus de 150 de nos jours et ce, pour un petit pays de 274 000km2 de superficie.

Mieux vaut être la tête du rat que la queue du lion …

Avec les élections qui avancent à pas du géant et vue cette prolifération tous azimuts, il est inutile de craindre que les chiffres atteindront 200 partis. Puisque toutes ces formations politiques ont un seul objectif axé sur le développement, pourquoi ne fédèrent-ils pas leurs énergies ? « Mieux vaut être la tête du rat que d’être la queue du lion », on l’aura compris.

Les formations politiques à la pelle créent un peu du désordre. Il est temps d’assainir ce milieu ou au besoin y mettre un terme en mettant des garde-fous. Au-delà de ces formations qui se créent entre les petits copains du quartier, il y a un marketing politique qui s’y cache derrière : la subvention octroyée par l’Etat. C’est à peine que ces partis fantaisistes battent campagne. L’objectif est donc bien clair : se remplir les poches. On sait que beaucoup d’entre eux sont là pour amuser la galerie et ne verront jamais, même par le biais du hasard le rez-de-chaussée de Kosyam, mais force est de constater que leur présence dévalorise, au sens propre du terme la fonction du président du Faso. Parmi ces pseudos candidats, nés de l’insurrection, il y a des faiseurs de rois et des accompagnateurs. C’est le principe de la démocratie.

Comme quoi, il faut du tout pour faire une démocratie.

Tout compte fait, il est temps de mettre fin à cette pagaille de partis qui poussent comme des champignons à la veille des élections.

Masbé NDENGAR

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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