Fermeture du centre Mytro Nunya : de quoi les autorités togolaises ont-elles peur ?

PAYS : Togo
DATE DE PUBLICATION : jeudi 27 août 2015
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Culture
AUTEUR : Daniel Addeh

Le tribunal correctionnel de Lomé a frappé fort. Un Français résidant au Togo, Sébastien Alzerecca, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et interdit du territoire pour ses écrits « tendancieux » sur les réseaux sociaux.

Sébastien "Zoul" Alzerecca, directeur et fondateur du centre culturel alternatif Mytro Nunya, doit quitter le Togo. C’est la décision du tribunal correctionnel de Lomé qui l’accuse de trouble à l’ordre public. Zoul a été condamné à deux ans de prison avec sursis et interdit du territoire pendant cinq ans pour ses écrits « tendancieux » sur les réseaux sociaux.

Les faits remonte au soir du 25 avril dernier, les Togolais sont aux urnes pour désigner le nouveau président. Faure Gnassingbé est candidat pour un troisième mandat très critiqué. Le soir du vote, Sébastien Alzerecca, très actif sur les réseaux sociaux, publie les tendances de vote. Il n’en reste pas là et ajoute aussi des commentaires : « Ce soir, nous sommes tristes » ou encore « y aura-t-il un officier pour prendre ses responsabilités ? » Des commentaires jugés par la cour « tendancieux » qui lui valent deux ans de prison avec sursis et une interdiction du territoire togolais pour cinq ans.

Mais avant, c’est son épouse, une Togolaise travaillant sur un projet de la Banque mondiale au Togo, qui avait été remerciée sans autre forme de procès. Le récépissé du centre culturel Mitronunya, dont Sébastien Alzerecca est le fondateur, lui est aussi retiré.

Pourquoi cet acharnement contre un centre culturel et son responsable ? Pourquoi une sentence aussi sévère ? La question qui se pose enfin est de savoir : de quoi les autorités togolaises ont-elles peur ?

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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