Go slow administratif : Cotonou à bout de souffle ?

PAYS : Bénin
DATE DE PUBLICATION : jeudi 4 décembre 2014
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

Cotonou semble dans le besoin d’être désengorgé. D’ailleurs, l’administration béninoise en gagnerait probablement en ponctualité. Même les matins où le soleil pointe son sourire de feu ; le jour portant les chaussures de la douceur ; le temps se faisant pommader par un éclat de lueur, un go slow guette. Et ce n’est pas parce que le ciel donne envie de vivre et de se joindre au quotidien pour aller rentabiliser son devoir de travailleur, que ça pourrait changer : un go slow guette toujours.

Et même quand on est dans le désir emphatique du labeur, démarrer son auto et rouler à l’avance, ne comble point le retard. Car lorsque le goudron devient captif de nos roues, l’on finit par fondre d’ardeur, de joie, de vie et de temps. La sueur dégouline le long des vêtements. Un amas de fumée monte dans les airs pour brûler les pupilles comme s’il fallait châtier les usagers. Que l’on soit ponctuel ou non, tout change. Les secondes s’égrènent en premier. Les minutes ensuite. Les heures aussi. L’on regarde sa montre ou son téléphone. On pousse un juron. Et quand on lève les yeux pour constater ce qui est, l’on est impuissant. Donc, nerveusement, on se rend compte que les mètres s’éclipsent à peine. Ça fait des heures, mais l’on n’a probablement bougé que de deux cent mètres au plus. Les motos fourmillant comme une Chine en miniature. Les véhicules rivalisant le vide avec les autres. Les « zémidjans » (taxis motos) cherchent à forcer les intervalles, à se faufiler. L’on entend les gens s’injurier. L’on ressent la colère fulgurante, même d’un ami ou d’un parent. Et c’est ça, l’embouteillage de Cotonou en une matinée de travail.

Or, ça ne fait pas que retarder les populations, les travaux aussi perdent du temps. Car parfois, au lieu d’un huit (8) heure normalement défini, à neuf (9) heure encore, l’on peut être dans la circulation à chercher le moyen de s’échapper de la mêlée. Ainsi, la rentabilité du personnel administratif évolue dans un ralenti justifiable. Et comme perte de temps, rime avec perte d’argent, le Bénin, sept matinées sur sept, dilapide ses revenus dans les habituels go slow matinaux.

Mais pourquoi un go slow souvent aussi bondé ? C’est aussi simple que le sourire : Cotonou est inondé de la quasi-majorité de nos services administratifs. Ainsi, toutes les diversités, venues de Calavi, Ouidah, Porto-Novo, et autres, se donnent obligatoirement rendez-vous chaque matin. Chacun cherchent son chemin pour rejoindre le siège de son bureau. Comme quoi, depuis nombre d’années, les béninois s’aperçoivent de plus en plus que Cotonou est devenu trop pansu pour héberger toutes leurs respirations. C’est alors, qu’il faudrait probablement penser à un exode administratif, si l’on voudrait alléger les cacophonies journalières, et les déficits économiques intempestifs. Mais vers où ? C’est là qu’intervient Calavi, vile voisine dont la contenance est plus ou moins similaire à celle de Cotonou, soit 145 villages, contre 165 quartiers pour Cotonou. Et lorsque l’on a conscience d’une proportion plus ou moins égale entre les quartiers de Cotonou et les villages de Calavi, il est de quoi nourrir un optimisme. Selon que, en plus, Calavi, encore inoccupé, saurait accueillir des constructions suffisamment grandes et élargies. Ainsi, cet exode qui, visiblement conviendrait, pourrait permettre de délocaliser, de déboucher, de décentraliser et de réduire l’afflux abusif sur les routes entre Cotonou et Calavi, entre Cotonou et les partout ailleurs. Avec un potentiel de 9 arrondissements, Calavi se présente comme le nouvel eldorado confortable pour les administrations. Ce qui obligerait à améliorer les processus de redéploiement, une meilleure répartition démographique et un impact sur le potentiel de rentabilité des fonctionnaires et, par ricochet, sur le cours de vie des populations. Car, comment entretenir l’assiduité avec une ville qui se bouscule de poussière, de colère, de retard et d’insultes ? C’est pourquoi, en plus de Calavi, Allada, Kpomassè, Ouidah, So-ava, Toffo, Tori-bossito, Zè, et Grand-popo, pourraient être considérés tels de nouveaux horizons à explorer pour étendre les administrations, atténuer Cotonou déjà suffisamment enrhumé, et faire de ces communes de nouveaux repères de croissance.

Par Djamile Mama Gao pour Droit Libre TV

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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