« Il était impossible de laisser le développement

DATE DE PUBLICATION : lundi 23 février 2015

« Il était impossible de laisser le développement d’un pays à un système capitaliste qui est sans pitié et sans sentiments. Qui allait aider les pauvres (et la majorité des gens dans nos pays sont pauvres). Qui allait les défendre ? Certainement pas le marché. Donc je ne regrette pas d’avoir essayé de construire un pays reposant sur ces principes. Il faudra réaliser que ce qui a donné un visage humain au capitalisme, ce sont les valeurs (qu’on les appelle socialistes ou non) que j’essayais de promouvoir dans mon pays ».

Julius Nyerere

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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