Je ne dissocie pas l’activisme du culturel !

DATE DE PUBLICATION : jeudi 12 janvier 2017

« Moi, je ne dissocie pas l’activisme du culturel. Les deux sont liés à mon avis, parce que la musique que je fais depuis de nombreuses années contient en elle les germes de cet activisme. C’est aussi une musique de dénonciation. Pour moi, c’est une façon de passer de la théorie à l’art, les deux doivent forcement s’entremêler si on veut donner de la crédibilité au discours parce que lorsque vous voulez donner du crédit à ce que vous dites, lorsque vous voulez sensibiliser l’opinion publique, lorsque vous voulez provoquer une réaction, il y a cette crédibilité qui est essentielle. Vous devez pouvoir donner l’exemple ».

Smockey in L’Observateur Paalga No 9029 du 08 au 10 janvier 2016

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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