Journée mondiale du blog : la parole au blogueur Farida NABOUREMA

PAYS : Togo
DATE DE PUBLICATION : lundi 1er septembre 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Opinions
AUTEUR : Redaction

Le Blog est une abréviation de weblog. Il peut être défini comme un journal sur Internet, un espace individuel d’expression. Accessible et facile à administrer, il constitue pour bon nombre de jeunes africains, un moyen de promotion et de défense des droits humains et de la liberté d’expression. A l’occasion de la journée mondiale du blog, DROIT LIBRE TV a donné la parole au blogueur Farida NABOUREMA.

DLTV : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Farida Nabourema : Je me nomme Farida Nabourema, je suis Togolaise vivant aux États-Unis.

DLTV : Pourquoi avoir choisi de bloguer et quels objectifs recherchez-vous ?

Farida Nabourema : J’ai créé mon blog en 2009 dans le but de partager mes points de vue sur les questions touchant le Togo et l’Afrique en général. Mon blog est initialement politique et c’est une plateforme sur laquelle je partage mes avis sur les problèmes qui minent les sociétés africaines et plus principalement togolaises. Par mon blog j’essaye d’informer, de conscientiser et surtout de renforcer les africains de par le monde qui n’osent pas souvent dire et assumer ce qu’ils pensent.

DLTV : Quel est selon vous le rôle social du blog et sa contribution dans la promotion et la défense des droits humains et la liberté d’expression ?

Farida Nabourema : Le blog est un outil de communication moins cher et accessible à tous si on a la connexion internet bien entendu. Il permet d’informer et de s’informer, d’éduquer et de se cultiver, et surtout de s’exprimer sans réelles censures. Contrairement aux journalistes qui travaillent pour des medias et qui doivent souvent s’aligner sur les lignes éditoriales de leurs maisons de production, le bloggeur est souvent libre de toute pression. Un bloggeur peut valablement combattre les injustices de la société par ses articles et vidéos et inspirer d’autres gens à rejoindre son combat. Pour moi, l’une des meilleures gratifications que j’ai eues est celle de voir des jeunes gens me dire qu’ils se sont mis à bloguer pour suivre mes pas. Pouvoir dire ce que l’on pense et réussir à entrainer d’autres dans cette même voie est je crois une marque de la liberté d’expression.

Des injustices dont sont victimes les élèves qui se font tirer dessus au Togo en réclamant la fin de la grève de leurs enseignants, en passant par les manigances des dirigeants Burkinabè pour ressusciter un régime mourant ou encore de l’arrogance qu’affichent les politiques français vis-à-vis de mes semblables africains , je n’ai ni frontière ni tabou. Sur mon blog, je suis citoyenne africaine du monde et je dénonce toute attitude ou initiative qui viole les droits des africains ou qu’ils soient et qui qu’ils sont. Vous voulez savoir quel est le rôle du blog dans la promotion des droits humains ? Et bien il permet aux activistes comme moi d’avoir des milliers d’abonnés (rires).

DLTV  : A l’occasion de la journée mondiale du blog, avez-vous un cri de cœur particulier à lancer ?

Farida Nabourema : J’aimerais convier les jeunes africains à plus s’engager dans la lutte pour l’émancipation de leur continent. Aujourd’hui nous sommes près de 700 millions à avoir moins de 30 ans sur ce continent. Et ce nombre fait peur aux gens qui essayent par tous les moyens d’empêcher notre épanouissement. Mais grâce aux outils comme les blogs, nous pouvons révolutionner le monde. Peu importe dans quel domaine nous le faisons, que ce soit dans la politique, les sciences, l’art, le sport et que sais-je encore, si nous y mettons la détermination et la passion, nous rendrons un immense service à l’Afrique car nous réussirons à faire découvrir au monde, une autre image de notre continent : celle d’une Afrique qui a surmonté les avilissements de tout genre, qui a survécu aux attaques de toutes sortes et qui a surpassé les clichées déshumanisants, c’est-à-dire une Afrique qui reste forte et doit demeurer forte grâce à sa formidable et talentueuse jeunesse.

Visitez le blog de Farida NABOUREMA à ce lien : http://faridabemba.over-blog.org/

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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