« L’homme qui vit au palais y est parce qu’il a besoin de ce cadre pour des raisons de protocole et de sécurité

DATE DE PUBLICATION : mardi 1er mars 2016

« L’homme qui vit au palais y est parce qu’il a besoin de ce cadre pour des raisons de protocole et de sécurité. Mais il faut des efforts pour avoir son esprit hors du palais. C’est pourquoi je vais souvent dans les provinces voir les gens, discuter avec eux. Je dois être accessible, ce qui me permet de connaître, de comprendre certaines choses. En tant que dirigeant, il vous faut être au dixième étage, ce qui vous permet de voir très loin ; mais de temps en temps, il faut descendre au rez-de-chaussée pour voir également dans la rue ce qui se passe ».

Thomas Sankara

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

img