La femme africaine, un colosse qui s’ignore

PAYS : Autres Pays
DATE DE PUBLICATION : mardi 8 mars 2016
CATEGORIE : Blog
THEME : Société

Nous sommes dans un mois, celui de mars, qui est devenu particulièrement important pour toutes les femmes du monde entier, depuis une trentaine d’années. C’est le mois au cours duquel se célèbre le 8 mars, la journée internationale de la femme. « La journée internationale des droits des femmes est célébrée le 8 mars et trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations unies en1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes. » [1] Et comme l’élite africaine est devenue depuis belle lurette le spécialiste du « prendre le taureau par la queue ! », à l’approche de cette date, on s’échine en imagination pour, si possible, être plus royaliste que le roi ! Et pourtant, dans le domaine précis de la manière dont la société doit traiter la femme, l’Afrique devrait au moins pour une fois, être la donneuse de leçons ! Encore faudrait-il pour cela, être pourvu de son histoire, de sa culture profonde, de la vision de monde que le continent noir a élaboré. Mais précisément notre intelligentsia balbutie à ce niveau. En effet, ils sont combien à se demander pourquoi la dot qui était payée en Occident par la femme l’a toujours été en Afrique par l’homme ? Quelle est la signification profonde de cette institution humaine ? Ils sont combien à connaître l’histoire des fameuses Candaces de Méroé et Napata, dont l’une a battu en plate couture, à la tête de ses troupes, un général romain du nom de Pétrone au temps des César ? Qui connaît la véritable histoire « des amazones du Danhomey » ? Dans quelles conditions leur avènement a-t-il eu lieu ? etc.

Il semble intéressant également d’aller au-delà des prérogatives des organisations internationales, et voir avant l’existence même de ces institutions, comment chaque société a géré cette question de la femme. Là, naturellement, il faut partir des faits, de l’histoire réelle de chaque groupe humain organisé, et scruter pour comprendre quelle était la conception de la femme dans l’inconscient collectif. Ce travail de reconstruction que refusent obstinément l’élite et l’intelligentsia africaines, est le véritable drame de l’Afrique dans tous les domaines et non plus seulement dans un domaine particulier quelconque !
En continuant dans la lancée de la « Communauté internationale » qui ne recouvre en réalité que les puissants du moment, c’est-à-dire l’Europe et les USA, l’Afrique perd énormément de temps, car certaines questions sont fondatrices de sociétés et ne sauraient aucunement être mises entre parenthèses. Ici, la parenthèse loin d’être comme en mathématiques multiplicative, est bien nihiliste des valeurs humaines !

Qu’on le sache ou pas, l’Afrique est le seul continent à avoir placé la femme principalement comme la mère, contrairement à d’autres qui l’ont confinée au gynécée (que notre continent n’a jamais connu), ou qui l’ont considérée comme la courtisane, surtout chargée de réaliser les fantasmes érotiques du mâle !

On a donc envie de pleurer quand on voit toutes les bêtises que nos intellectuelles nous servent pour enfoncer une porte qui non seulement était déjà ouverte, mais surtout qui menait à un traitement beaucoup plus humain de la femme, que ce que nous servent ceux qui n’ont jamais su être des élèves reconnaissants de l’Afrique !

Qu’elle était juste cette sentence africaine qui assure que c’est bien « C’est celui qui a dormi à jeun, que le piège prend le matin de bonne heure. » ! En allant depuis tout ce temps à l’école du colon et en faisant nôtres leurs dogmes, les Africains que nous sommes, se nourrissent-ils encore à la source vivifiante du continent noir ? Réponse : un NON ! Majuscule ! J’espère que vous avez passé une bonne fête du 8 mars !!!

[1] - Source Wikipedia

Article initialement publié sur le blog de Bétéo D. NEBIE

(neb_beteo@yahoo.fr)

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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