La radio-télévision nigérienne remplit-elle sa mission ?

PAYS : Niger
DATE DE PUBLICATION : samedi 28 mars 2015
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

La radio et la télévision en général, ont pour mission d’informer, de sensibiliser, d’éduquer et de distraire. Mais au Niger le paysage médiatique ne semble pas avoir cette mission. Avant l’instauration de la démocratie, une seule radio existait dans le pays : la voix du Sahel. A l’ère de la démocratie, la liberté de presse s’installa à petits pas chez nous. Aujourd’hui, on compte plus d’une centaine de radios et télévisions publiques et privées, malheureusement, ces médias ne représentent pour leurs promoteurs que des moyens de gagner de l’argent.

Dans la région de Tahoua, elles sont nombreuses (sans oublier les radios communautaires). Dans le chef-lieu de la région (Tahoua) on dénombre 4 radios privées et une régionale. Chaque jour elles diffusent diverses émissions. Ces dernières sont retransmises par l’une ou l’autre station de radio ou de télévision à quelques exceptions. Le divertissement occupe une place de choix sur la grille des émissions radiotélévisées au Niger. En effet, on peut penser que ces médias oublient de plus en plus les 2 autres missions, celles de sensibiliser et d’éduquer les communautés. Dépourvues de véritables programmes, elles n’émettent que de la musique la plupart de temps. Une mélodie variée dont beaucoup d’auditeurs ignorent le sens. Je n’ai rien contre la musique ni les musiciens. Mais à quoi sert la promotion d’une musique qui vient d’ailleurs ? La radio constitue un élément incontournable de la lutte contre la pauvreté dans les sociétés.

Les médias nigériens dans leur écrasante majorité manquent de moyens financiers. Notons que ces derniers trouvent leur oxygène grâce à des contrats publicitaires et autres publi-reportages. Ces quelques rares spots publicitaires se limitent dans leur grande partie à l’alimentaire. Pourquoi ne pas faire chez nous, des médias sans publicité ? Parfois, ce sont des opérateurs économiques qui offrent des plages d’heures à des marabouts prêcheurs. Ces derniers à leur tour, au lieu de faire les prêches, certains se plongent dans une diatribe de remise en cause d’un prêche déjà fait par un autre. Tout cela, parce qu’ils n’appartiennent pas à une même secte ! Mais, où va ce monde ? Ceux qui doivent éclairer nos chemins sont maintenant ceux qui les assombrissent. Que se passe-t-il vraiment entre ces marabouts ? En cela, la radio du moins les médias, sont devenus un lieu et un instrument de règlement de compte entre religieux, mais aussi et surtout des politiciens. A en croire certaines études, des médias nationaux qu’internationaux sont la cause lointaine ou immédiate de beaucoup de troubles sociaux.

L’Etat nigérien depuis un certain temps, octroi des subventions dans le cadre de fonds de presse à tous les médias nationaux éligibles. Il faut rappeler que, la mauvaise répartition de ces fonds a été d’une manière ou d’une autre le début du cauchemar politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale Hama Amadou. A part l’amateurisme qui les caractérise, les médias nigériens ne sont pas prêts à satisfaire les auditeurs. En définitive, on peut affirmer sans risque de se tromper que, les médias comme RFI, BBC, Africa N°1 pour ne citer que cela, restent et demeurent les principales sources d’information des Nigériens. Messieurs et mesdames les journalistes, est-il vrai que vous n’écoutez pas les autres, mais vous parlez d’eux ? Que pensez de ceux qui affirment que vous ne lisez pas les autres mais vous aimez écrire sur eux ? Profitez bien de la montagne de la table.

Article initialement publié sur le blog de Tejane

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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