La religion négro-africaine comme dernier rempart à l’extrémisme violent selon Doumbi Facoly

PAYS : Mali
DATE DE PUBLICATION : mardi 7 février 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Opinions
AUTEUR : Ismaël Compaoré

Doumbi Facoly est un écrivain malien de renom. Initié des religions traditionnelles africaines, il est convaincu que la renaissance africaine nécessite l’abandon des religions révélées par le peuple négro-africain et leur retour à la spiritualité africaine.

Pour cet auteur d’une trentaine d’œuvres littéraires, reconnu pour ses convictions panafricanistes, les crises qui secouent l’Afrique ont une origine commune : la spiritualité douteuse des africains.

Dans cet entretien, Doumbi Facoly revient sur la difficile situation socio-politique, économique et religieuse du continent. Pour lui, l’extrémisme violent en Afrique au sud du sahara nécessite une réponse endogène qui passe par les religions traditionnelles africaines.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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