Le Burkina Faso en alerte maximum après deux attaques terroristes sanglantes et un enlèvement d’expatriés !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : samedi 16 janvier 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Société

Depuis hier 15 janvier 2016, le Burkina Faso est en alerte maximum suite à deux attaques terroristes sanglantes et un enlèvement d’expatriés. Ces actions criminelles semblent avoir été bien coordonnées par les djihadistes.

Dans la soirée de ce 15 janvier, aux environs de 14h, c’est une patrouille de gendarmes « en mission commandée » qui sera la cible d’une vingtaine d’hommes armés, jusque-là non identifiés, dans la localité de Tin Aba à 40 km de Tin Akoff, un village situé dans la province de l’Oudalan, région du sahel. Selon un communiqué de la direction de la communication et des relations publiques des armées, « le bilan provisoire de cette attaque fait état de deux morts, un gendarme et un civil, et de deux gendarmes blessés, dont un gravement ».

A la suite de cette attaque, c’est la capitale Ouagadougou qui sera la cible des djihadistes dans la nuit du 15 janvier. Aux environs de 19h30, Capuccino, un café-restaurant chic et l’Hôtel Splendid seront attaqués par des hommes enturbannés. Ces djihadistes s’en prendront d’abord au Capuccino où ils tireront, à deux reprises, à bout portant sur les employés et clients avant de mettre le feu au restaurant. L’hôtel Splendid subira un autre sort. Les véhicules stationnés devant l’hôtel seront systématiquement incendiés y compris le leur, selon un témoin sur place lors de l’attaque. Les djihadistes prendront ensuite le contrôle de l’hôtel et s’en suivra une prise d’otage. Les forces de défense et de sécurité, alertées suite à la situation, vont rapidement établir un périmètre de sécurité et tenter de neutraliser les terroristes sans faire d’autres victimes. Leur tâche ne sera pas de tout repos et se poursuit d’ailleurs à l’heure où nous mettons ce billet en ligne. Le premier ministre, Paul Thieba a fait le bilan de cette attaque après un conseil des ministres d’urgence. Ce bilan fait état de 26 morts,56 blessés,156 personnes libérées dont 126 à l’hôtel Splendide et 30 au restaurant Capuccino. Notons que trois djihadistes ont également été abattus et d’autres seraient toujours en cavale.

Cette attaque a été revendiquée par Al Quaida au Maghreb Islamique(AQMI) . Une enquête est ouverte par le parquet de Ouagadougou et dirigée par la gendarmerie.

La troisième attaque, qui semble être également l’œuvre des terroristes, s’est produite entre 04h et 05h du matin ce 16 janvier à Djibo, une localité située à environ 200 km au nord de Ouagadougou, dans la région du Sahel. Cette fois, il s’est agi d’un enlèvement d’un couple australien vivant depuis plus de 40 ans dans cette zone. L’homme, le Dr. Eliot est un médecin bien connu et apprécié dans la localité pour ses soins à caractère social.

Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, une psychose s’était installée au sein des populations. Elle commence peu à peu à se dissiper au vue de la précision des informations, émanent des autorités, depuis ce matin. Le couvre feu qui était jusque-la, depuis le coup d’État du général Diendéré, prévu de 01h à 04h du matin a été reprogrammé de 23h à 06h du matin depuis la nuit d’hier.

En attendant le deuil national annoncé par le premier ministre, les burkinabè restent affligés, mais sont plus que jamais déterminés à en finir avec ces forces du mal sans foi ni loi.

Ismaël Compaoré

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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