Le Mali avance en reculant : à quand donc le successeur de Modibo Kéita pour sauver ce pays ?

PAYS : Mali
DATE DE PUBLICATION : jeudi 29 janvier 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Opinions

« Le Mali a soif d’hommes valables … »

De 60 à 68, le Mali a eu un président qui de par son engagement pour le Mali et l’Afrique a littéralement marqué son temps. Aujourd’hui, soit 47 ans après son départ de la scène, son pays n’arrive point à décoller. Il y a donc lieu de s’interroger, pourquoi depuis après son départ de la scène notre pays le Mali a sombré ? Comment le Soudanais devenu Malien, s’est laissé endormir, puis a été lui-même l’acteur principal de sa propre déchéance ? Qu’est ce qui s’est passé pour que ce pays qui a été le principal moteur de toute l’HISTOIRE de l’Afrique de l’Ouest se trouve en être la risée aujourd’hui ?

Essayons d’y répondre objectivement afin d’identifier les vraies causes afin d’être à même de pouvoir trouver une solution un jour que nous espérons prochain.

Des décennies perdues à cause des dirigeants qui ne valent pas la peine

En 1968, une clique de militaires sous le fallacieux prétexte de redressement économique et financier rentra par effraction dans l’histoire de notre pays. N’ayant ni la formation politique nécessaire, encore moins l’engagement patriotique, ces jeunes militaires mus par la volonté de s’enrichir se livrent à la corruption. Les premières mesures furent de tuer le patriotisme du malien en lui montrant que seul l’intérêt personnel doit triompher au détriment de la majorité. Doucement mais surement, leur méthode de gestion encrassa tous les tissus sociaux et économiques du pays. En un temps très bref, le pays est mis sens dessus dessous. Des valeurs comme le Patriotisme, la Dignité et l’Honneur sont bafoués ; alors le pays commença à perdre son prestige et l’admiration de l’Afrique et du monde (pour rappel du prestige malien, souvenons-nous du rôle éminent qu’a joué le président Modibo Kéita pour la création du mouvement des non-alignés à Belgrade en 1961, ou de l’organisation de l’unité africaine en 1963 à Addis-Abeba). Le Mali avait une voix, le Mali avait un Leader.

Peut-on imaginer le Mali d’aujourd’hui régler un conflit entre l’Algérie et le Maroc ? Assurément non !!! Cependant le président Modibo l’avait fait durant le conflit armé entre l’Algérie et le Maroc dénommé la guerre du Sable, démontrant ainsi que les Africains pouvaient résoudre leurs propres problèmes.

Peut-on imaginer le Président du Mali aujourd’hui mettre fin à toute relation bilatérale entre le Mali et un pays occidental ? Assurément non !!! Cependant Modibo l’a fait à l’égard de la Grande Bretagne qui soutenait l’Apartheid.

Peut-on imaginer ne serait-ce qu’une seconde, le président du Mali d’aujourd’hui ne pas aller à Paris pour faire acte d’allégeance ? Cependant, Modibo Kéïta est resté 8 ans au pouvoir sans se rendre chez l’ex-colonisateur.

Apres le règne du sinistre régime CMLN-UDPM, renversé par le peuple en Mars 1991, l’espoir était à nouveau permis. Mais hélas, cela fut de courte durée car les néo-démocrates dont la plupart avait déjà gouté le pouvoir sous le régime précédent ont donc continué à faire du Moussa Traoré sans Moussa Traoré en incrustant et en parasitant tous les secteurs de la vie politique et économique. AOK et ATT continuèrent donc l’œuvre de destruction du pays et de ses valeurs après GMT, préparant ainsi l’arrivée d’IBK avec notamment la mise en place d’un système basé sur l’utilisation de l’appareil d’état à des fins d’enrichissements personnels.

Apres la glorieuse révolution de 1991, on avait pensé que le peuple était enfin réveillé, et que l’œuvre de consolidation d’une Nation fière et unie allait reprendre. Mais, sans vision et sans charisme, par la gestion catastrophique des néo-démocrates le pays allait continuer de s’enfoncer et atteindre le fond du puits (de ….sous-sol) d’où nous pouvions espérer qu’il ne pourrait plus descendre. Mais c’était de mal apprécier le préjudice causé à plusieurs générations de Maliennes et de Maliens qui regardent aujourd’hui leur pays et qui ne pensent qu’à une seule chose, tel le vautour devant un cadavre qui se demande par ou commencer sa besogne.

conséquences : perte de la souveraineté nationale au Nord suite à l’accentuation des dérives des deux précédents régimes, promotion des antivaleurs, institutionnalisation de la Médiocrité, transformation de l’armée en une agence pour emploi des rebuts de la société, production en masse d’élites stériles, consanguines et irresponsables, fabrication de diplômés sans valeurs, d’universitaires illettrés, façonnage d’une jeunesse religieusement fidèle à la loi du moindre effort, clochardisation des fonctionnaires de l’Etat…

Bref, c’était de la déchéance !!!

Alors que Modibo et ses compagnons ont donné le meilleur de ce qu’ils pouvaient donner à l’époque pour libérer notre pays du joug colonial, et se sont attelés a bâtir une société de justice sociale et de liberté en voulant construire l’unité de l’Afrique afin de réhabiliter la dignité du continent. Il y eût certes des erreurs de parcours, mais cela s’appelait l’apprentissage et la consolidation d’une Nation naissante. Malheureusement le Mali est passé de la colonisation française à d’autres formes de colonisations :

D’abord militaire avec l’arrivée au pouvoir des putschistes aidés en cela par les anciens colons qui revenaient ainsi après l’intermède de Modibo Keïta. Ensuite il y a eu la colonisation d’une élite monstre et pseudo-démocrate, qui bien qu’arrivée au pouvoir avec l’aide du peuple dans son soulèvement de Mars 1991, cette élite donc a fini par complètement saper les fondements d’une nation digne et valeureuse.Le pays a été ainsi piétiné par ses propres fils, et au vu de la situation actuelle le drame continue.

Au regard des seize derniers mois, l’optimisme n’apparaît pas à l’horizon. Celui-là même que les Maliennes et les Maliens ont plébiscité (malgré qu’il fût aussi du ramassis des gangsters qui ont égorgé le pays) semble n’offrir aucune autre alternative. Pire, nous constatons tous les jours dans les journaux que le pillage continue de plus belle et ce depuis le premier jour du pouvoir en place. Les maux ont pour nom : la mauvaise gouvernance, la confusion, le tâtonnement et les fiançailles d’essai au sommet de l’Etat, la crise morale, la crise d’identité, la promotion des antivaleurs, le mensonge, l’impunité, la duplicité, la corruption, le vol, le népotisme, le nombrilisme, ….

Pire encore, l’institutionnalisation de la médiocrité et du mensonge devient le socle de son régime tout en structurant la vie dans la société Malienne. Ses premiers 360 jours et plus au pouvoir ont été riches en révélations, mettant chaque fois un peu plus en lumière la profondeur du mal, l’incapacité et l’incompétence manifeste du pouvoir, son manque de vision et d’idéal,….

Que Dieu sauve le Mali. Mais Il ne pourra le sauver qu’avec les Maliennes et le Maliens. Encore faudrait-il que ces Maliennes et ces Maliens se rappellent de Dieu et qu’ils sachent qu’ils devront rendre des comptes tôt ou tard. Aujourd’hui plus qu’hier, le Mali a besoin du successeur de Modibo Kéita, c’est-à-dire : un homme de grande probité, capable de donner le meilleur de lui-même pour faire triompher la justice et l’excellence sociale (honnêteté, rigueur, discipline, courage,….)

- Un homme capable de restaurer la dignité de l’Etat et des fonctions publiques, condition sine qua none pour réconcilier le peuple avec ses dirigeants. Il ne peut y avoir l’autorité de l’Etat quand ceux qui sont au sommet de l’état bafouent les règles élémentaires de l’état de droit, et se vautrent dans la corruption et la luxure.

- Un leader capable de préparer les Maliennes et les Maliens à faire face aux défis de l’intégration africaine et de la mondialisation. Et s’entourer d’hommes et de femmes solidement armés intellectuellement, et totalement dédiés au triomphe de l’intérêt général. Le président Abraham Lincoln en son temps avait su s’entourer de ses rivaux car ceux-ci détenaient des qualités dont la nation avait besoin. Un tel leader est capable de guider et d’amener son peuple à se projeter dans le futur et en acceptant les sacrifices indispensables pour sa pleine et entière libération annonçant ainsi l’avènement d’une véritable société de justice, de bien être moral et matériel.

A la lumière de ces qualités exigées pour le successeur de Modibo ; convenons que cela n’est pas chose aisée dans le monde dans lequel nous vivons, mais soyez-en certains, il existe. Regardons autour de nous, allons chercher ce leader qu’il nous faut. Ecoutons ce que nous a dit Nelson Mandela : « Je n’étais pas un messie mais un homme ordinaire, qui est devenu leader en raisons de circonstances exceptionnelles ». Il a aussi dit : « Un cœur bon et un bon esprit forment toujours une formidable combinaison »

Donc Chers Compatriotes, cherchons de ce coté, et nous trouverons les leaders de demain, pas forcément ceux qui sont riches ou ceux qui ont déjà été au pouvoir, cherchons simplement un homme bon et un homme juste. Il saura s’entourer.

En attendant continuons à dénoncer tout ce qui s’écarte de cette quête ou qui perpétue les situations d’avant.

« Nos descendants ont des droits sur nous »

Le Réseau de Citoyens Actifs-Mali

Article initialement publié sur le blog d’Issa Balla Moussa Sangare

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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