Le Piège - Immigration clandestine

DATE DE PUBLICATION : dimanche 20 mars 2016
THEME : Société

2012 : Nord du Niger. Trois camions ventrus, surchargés de ballots que retiennent des cordes en toile d’araignée, filent à travers le Ténéré. Et là, au-dessus, des grappes d’hommes qui tentent de garder l’équilibre. C’est une petite Afrique qui part pour l’Europe avec la caravane de l’exil, avec ceux qui forcent le destin en bravant le désert et la mort. L’Europe est encore loin.
Le réalisateur a suivi le parcours de ces immigrés clandestins venus d’Afrique jusqu’aux portes de l’Europe.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

img