Les crimes de guerre commis par l’armée nigériane

DATE DE PUBLICATION : lundi 23 novembre 2015
THEME : Société

UNE LUTTE CONTRE BOKO HARAM JUSTIFIANT TOUS LES TYPES D’EXACTIONS

20 000 jeunes garçons et enfants arrêtés par l’armée

Engagées dans une campagne destinée à répondre aux attaques de Boko Haram dans le nord-est du pays, les forces armées nigérianes ont arrêté au moins 20 000 jeunes gens et jeunes garçons, dont certains avaient à peine neuf ans. Ceux-ci ont dans la plupart des cas été arrêtés arbitrairement, souvent uniquement sur la foi d’une dénonciation faite par un informateur dont l’identité était tenue secrète. La plupart des arrestations ont eu lieu lors d’opérations de « filtrage » ou de « bouclage et perquisition » de secteurs entiers, au cours desquelles les forces de sécurité se livrent à des centaines d’interpellations à la fois. Quasiment aucun détenu n’a été traduit en justice. Les garanties indispensables contre les risques d’homicide, de torture ou d’autres mauvais traitements ne sont jamais respectées.

Exécutions extrajudiciaires

« Des centaines de personnes ont été tuées en détention, soit par balle, soit par étouffement », a reconnu un officier en parlant de la situation qui régnait au centre de détention du Secteur Alpha (connu sous le nom de « Guantanamo »). Nous avons pu vérifier qu’en une seule journée, le 19 juin 2013, 47 détenus avaient succombé par étouffement.

Plus de 1 200 personnes ont été tuées en toute illégalité par l’armée et les milices qui lui sont alliées dans le nord-est du Nigeria. Les 14 mars 2014, les militaires ont tué plus de 640 détenus qui avaient pris la fuite à la faveur d’une attaque lancée par Boko Haram.

Lors d’une opération dite de « nettoyage » menée à la suite d’une attaque lancée par Boko Haram à Baga le 16 avril 2013, les soldats auraient « reporté leur agressivité sur la population » explique un officier supérieur. Au moins 185 personnes ont été tuées.

En savoir plus : http://www.amnesty.fr/node/15309/

Une vidéo produite par Amnesty International

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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