Les élections, une épine au pied de la liberté de la presse en Afrique

PAYS : Côte d’Ivoire
DATE DE PUBLICATION : mardi 17 février 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Médias
AUTEUR : Redaction

Le rapport sur la liberté de la presse, édition 2014 a été publié le 12 février 2015. Selon le classement fait par Reporters sans frontières, la situation est moins reluisante. Peu de pays ont conservé leur place par rapport au classement de l’édition précédente. Le Mali et la Centrafrique sont à la traine des pays francophones africains. Le Burkina a gagné six places de plus, ce qui lui a valu sa position jugée situation plutôt bonne. Il est suivi par le Niger qui occupe la 47e place sur 180 pays concernés. De multiples facteurs sont à l’origine de ces fameux classements.

Des journalistes tués, expulsés, emprisonnés, menacés, intimidés, etc. c’est ce qu’on peut retenir en ce qui concerne le vécu des journalistes au cours de l’année 2014. Tout laisse croire à des crispations de la situation les jours à venir. En effet, les vagues d’élections courant 2015 sont des moments impropres aux activités journalistiques. Chaque camp voudrait bien d’une manière ou d’une autre vouloir conquérir l’électorat à travers les médias et ce, parfois au détriment des règles qui régissent ce métier. L’observation de la neutralité et le refus d’un esprit partisan pourraient être fatal pour les journalistes. Nous sommes dans une société, surtout en Afrique où le oui ou le non pourrait être considéré comme un affront ou une déclaration ouverte de guerre, il est nécessaire de prendre donc le devant des choses. Idem pour 2016 qui connaitra également une recrudescence d’élections en Afrique. Surtout dans des pays austères à la presse comme le Congo RD (150e) où de nombreux médias ont été fermés et son voisin Congo Brazzaville (107e) sans oublier le Tchad (139e) qui a perdu de surcroit 13 places par rapport à l’année précédente. L’Erythrée, quant à elle a jugé nécessaire d’occuper toujours sa place de dernier. C’est non négociable. C’est sans doute pour cette raison qu’elle conserve jalousement sa place (180e) 7e fois consécutive. Dans tous les cas et comme dans bien d’autres domaines, le continent africain, n’est pas une fois de plus un bon élève. Ce n’est surtout pas étonnant ! Il occupe donc la place qui est la sienne !

Malgré quelques sujets considérés comme tabous : la Cote d’Ivoire et Madagascar se démarquent des autres pays par leur progrès. En effet si la situation semble reluisante, cela s’explique par la sortie de crise progressive que ces deux nations sont en train de connaitre. Sinon le monde de la presse a encore en mémoire l’affaire Jean Hélène et Guy André Kiffer.

La sécurité est un alibi qui semble justifier l’inaccessibilité de l’information aux journalistes. Presque tout devient sujet sensible à ne pas toucher. Les conflits qui naissent sous les tropiques africains favorisent et dégradent la situation : Boko Haram dans la région du lac Tchad (Nigeria, Niger, Cameroun, Tchad), la Seleka et les anti-balaka en RCA, conflit au Nord du Mali, la justice à deux vitesses en Cote d’Ivoire…

Le problème s’est accru avec la malheureuse maladie à virus Ebola sur le continent. Les autorités des pays concernés s’opposent au devoir de la presse d’informer le public. On se souvient et on se souviendra encore longtemps de nos confrères tués en Guinée. Ils ont perdu leur vie en voulant sauver d’autres vies par la sensibilisation. C’est certes dur mais c’est à force de préserver qu’on n’y arrive !

Masbé NDENGAR

« Un Africain authentique est celui-là qui sait ce que ses ancêtres faisaient avant. Si vous ne connaissez pas votre passé, vous n’êtes pas un Africain. Si vous ne savez pas ce que faisaient vos ancêtres vous n’êtes pas un Africain. Si vous interroger les africains, 90% d’entre eux ne savent pas que leurs ancêtres ont été les premiers à avoir créé une religion donc ils suivent ce qu’on leur dit, ils appliquent ce qu’on leur dit et rejettent leur propre origine. On ne peut s’en sortir quand on rejette sa propre origine. On ne peut pas se réaliser dans la peau d’autrui. Un Africain ne sera jamais un Français, ne sera jamais un Arabe…il faut qu’il soit lui-même : c’est ça être un Africain authentique. Être soit même, savoir ce que les ancêtres faisaient et essayer de suivre la route. Si on fait cela, vous verrez qu’en moins d’un quart de siècle on s’en sortira. Notre jeunesse sera une jeunesse forte à l’égal des jeunesses d’autres pays du monde »,

Doumbi Fakoly sur Droit Libre TV en Janvier 2017.

img