Libye : Les conseils d’un ancien migrant...

DATE DE PUBLICATION : mardi 26 décembre 2017

Libye : Les conseils d’un ancien migrant burkinabè : « Quand on entendait parler de la Libye, on avait l’appétit d’y aller. Effectivement j’y suis allé. Mais quand j’ai foulé le sol libyen, mon corps a senti l’enfer. Partout on entendait que des coups de fusil. Ça tirait de partout. On m’a fait savoir que chaque Libyen possède une arme. Entre Agadez au Niger et la Libye, c’est l’enfer. C’est là, l’enfer sur terre. C’est la photocopie directe de l’enfer que j’ai vu. Je déconseille fortement à mes frères et sœurs de commettre la même bêtise que j’ai commise ».

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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