MACO : Dans le couloir de la mort

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 24 janvier 2018
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Société
AUTEUR : Mouniratou Lougué

Ils sont condamnés à morts en attendant un éventuel salut. Depuis la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), trois d’entre eux ont accepté de témoigner à visage découvert sur les raisons de leurs condamnations, leur état d’esprit dans le couloir de la mort, et leur appréhension de l’avenir.

Etre condamné à mort, c’est aussi développer une relation particulière avec les religieux, les gardes de sécurité, et ses codétenus.

Au Burkina Faso, la peine de mort, même si elle est prononcée, n’est pas appliquée, tendant ainsi à se confondre à la condamnation à perpétuité.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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