Mali : IBK répondra-t-il de ses actes devant la haute cour de justice ?

PAYS : Mali
DATE DE PUBLICATION : vendredi 4 mars 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Justice

Le Bloc d’Intervention Populaire et Pacifique pour la Réunification Entière du Mali (BIPREM), une association fondée par un collectif de journalistes a posé plainte contre le président IBK le 2 mars 2016. Les mobiles : haute trahison, mauvaise gestion et mal gouvernance. Plusieurs autres associations se mettent dans la danse et disent soutenir le BIPREM pour que l’affaire puisse aboutir. Bras de fer entre la Haute Cour de justice qui juge la plainte non recevable et les associations qui ne sont pas prêtes à lâcher l’affaire.

Porter plainte contre un président de la République pendant qu’il est en exercice est un cas assez rare sous le ciel africain. Ibrahim Boubacar Keita a hérité d’un Mali en partition entre plusieurs factions rebelles et terroristes. Son arrivée au pouvoir avait suscité beaucoup d’espoir au peuple malien. Le malien lambda n’attendait pas mieux que la réunification du territoire.

A ce besoin crucial s’ajoute la relance économique qui passe nécessairement et avant tout par la bonne gestion de peu de ressources disponibles. Mais cela ne semble pas être le cas. Contre toute attente, le président IBK se procure un avion présidentiel à coup de millions. Les Maliens se demandent dès lors le bien fondé de cet engin qui ne servira qu’a un seul individu. La population est sidérée. L’affaire dite de l’avion présidentiel fait des gorges chaudes au sein de la population. Le peuple dans sa grande majorité exige des explications mais que nenni !

De scandale en scandale, les Maliens apprendront à leurs dépens qu’une somme colossale a été investie dans la quincaillerie militaire. Une coquette somme de 21 milliards a été déboursée pour l’armement. Quel armement et pour qu’elle armée jugée inexistante ? Supercherie ou jeu de dupe ? Les Maliens ne se retrouvent plus dans la gestion de la chose publique. La population, contrairement à ses attentes de sortir de la pauvreté voit la situation s’empirer. Pour le commun des Maliens, la moitié du mandat de leur président est émaillé de nombreuses crises de gestions surtout celle financière.
En effet, c’est pour une transparence dans la gestion que l’association malienne, Bloc d’intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali (BIPREM), fondée par un collectif des journalistes, a posé plainte contre le président malien, Ibrahim Boubacar Keita pour haute trahison et de gestion scandaleuse de l’argent public. La Haute Cour de justice du Mali, habilité a jugé les présidents maliens a été saisie le 2 mars 2016. On apprendra plus tard que la même cour de justice a jugé la plainte irrecevable pour mauvaise formulation du dossier.

Aux yeux de l’entourage du président, cette action est jugée digne d’une manœuvre dilatoire, un coup de com. Tout compte fait, il n’y a jamais de fumée sans feu. De toute évidence, les Maliens sont insatisfaits de la gouvernance de leur président. Il appartient à IBK de donner une nouvelle image de lui. Au cas échéant, il risquerait de payer au prix fort la sanction de sa mauvaise gestion aux prochaines élections. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Espérons !

Masbé NDENGAR

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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