Manifestations au Togo : il faut battre le fer quand il est chaud !

PAYS : Togo
DATE DE PUBLICATION : mardi 25 novembre 2014
CATEGORIE : Blog
THEME : Politique
AUTEUR : Redaction

Vendredi 21 novembre 2014 le ‘’peuple’’ togolais était dans les rues de Lomé. Dans la forme, certains croyaient au syndrome Burkinabè mais dans le fond il n’en est rien. D’un côté le parti au pouvoir et de l’autre l’opposition et certaines structures de la société civile. L’opposition exigeait des reformes et notamment la limitation du nombre de mandat en vue des élections présidentielles de 2015. Quant aux partisans du pouvoir il n’est pas question de manifester pour des reformes qui devraient se discuter à l’hémicycle.

Est-ce une insurrection ? Une marche ? Ou une révolution au Togo ? Difficile de connaitre exactement la nature du quiproquo qui a émaillé les rues de Lomé ce 21 novembre 2014. Chacun y va de son commentaire. Bref de quoi s’agit-il ? Pour la jeunesse togolaise, c’est sans doute l’ère de la révolution qui souffle sur leur pays. Mais si c’est une révolution il faut reconnaitre avec modestie et honnêteté que ce fut un échec. Échec dans la forme et dans le fond. En effet, il serait absurde de dire que c’est le peuple togolais qui était dans la rue dans la mesure où ces manifestations ressemblaient bien fort à une course poursuite entre l’opposition et le parti au pouvoir appuyé par un arsenal militaire assez important. Deuxième fait qui montre que c’est une révolution avortée ou mort-née c’est le manque de l’unanimité dans la manifestation : une révolution se mène avec le peuple par contre au Togo c’est la population qui manifeste, c’est à dire une partie du peuple qui aspire à un changement du régime. Troisième fait, une révolution peut-elle réussir dans un pays balkanisé géographiquement et dans sa structure sociale ? Impossible. Si les choses se sont passées très vite et surtout bien au Burkina c’est parce qu’au pays des hommes intègres le facteur clivage ethnique est élidé. Par contre chez Gnassingbé, le fossé entre le Nord et Sud est si gigantesque et compromet la convergence des énergies pour barrer la route à Faure de se représenter aux élections de 2015.

Le Togo n’est pas un pays de tradition révolutionnaire. La jeunesse de ce pays n’a jamais été inoculé par le virus de la révolution alors leur acte est vu par plus d’uns comme du copier-coller et non du copier adapter : elle s’inspire très mal de la révolution Burkinabè. La jeunesse Burkinabè, quoi qu’on dise certains d’entre elle a connu l’ère Sankara qui lui a inculqué l’esprit révolutionnaire par contre le peuple togolais manque de cette fibre révolutionnaire. Il y a des pays qui depuis la nuit des temps ont leur mode de prise du pouvoir. A Madagascar par exemple le mode opératoire est la manifestation, au Tchad ça été toujours par la rébellion ou par un coup d’État, au Burkina c’est par le biais de la révolution ou aussi par un coup d’État. Alors il serait donc plus convenable pour le peuple Togolais de retrouver très vite sa marque à lui. Lui qui a eu l’alternance par la mort du père Gnassingbé. On ne dira pas que la mort de ses dirigeants au pouvoir serait son mode opératoire par lequel l’alternance est possible. Nous voulons dire tout simplement que la jeunesse togolaise doit recadrer et même repenser sa révolution à la ‘’ sauce togolaise’’. Pire, si le peuple togolais ne va pas jusqu’au bout de ce qu’il a commencé, il aura Faure Gnassingbé sur son dos. Ça sera son tour de les réduire, l’un après l’autre au néant. Le fer n’est modelable que lorsqu’il est chaud ! vivement que la lutte du peuple togolais paye !

Masbé NDENGAR

« Effectivement, j’ai reçu la visite de deux personnes venues pour me demander pardon. Je leur ai demandé de quel pardon s’agit-il ? ai-je offensé quelqu’un ? Ils m’ont répondu qu’il s’agit de la mort de Norbert. Que de juste accepter le pardon. Blaise a dit qu’il n’est au courant de rien donc j’ai confié l’affaire à Dieu. Même si Blaise avait reconnu la mort de Norbert je ne peux en aucun cas prendre l’argent de son assassin. Même dans 100 ans Dieu va agir. Même si je ne suis plus vivante, rassurez-vous que justice sera faite. Assassiner de manière aussi violente, Dieu va agir », feu Augustine Zongo, mère du journaliste Norbert Zongo.

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