Médias publics au Burkina : entre le marteau et l’enclume

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : dimanche 21 juillet 2013
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Médias
AUTEUR : Gabriel KAMBOU

Au Burkina Faso les journalistes des médias publics subissent des pressions de leurs autorités de tutelle surtout quand il s’agit de traiter de l’information émanant de l’opposition politique ou des syndicats. La goûte d’eau qui a fait déborder le vase serait la couverture de la marche de l’opposition contre le sénat le 29 juin 2013 dont l’élément du reporter airait été charcuté par les responsables du ministère de la communication. Excédés par ces interventions, les journalistes ont observé un sit-in le 16 juillet dernier pour dénoncer cette mainmise et réclamer de meilleures conditions de travail.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

img