Nathalie SOME a prouvé son « incapacité à gérer le CSC »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 27 mai 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Médias
AUTEUR : Redaction

Ce 27 mai 2015, à l’appel de treize (13) organisations professionnelles, les hommes et femmes de médias ont battu le macadam devant le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) pour exiger la levée pure et simple et sans condition de la mesure de suspension des émissions d’expression directe. Cette manifestation a connu la présence des promoteurs de médias, des journalistes, des animateurs, des techniciens, des auditeurs, mais aussi de l’unité d’action syndicale et des organisations de la société civile à l’image du MBDHP et du mouvement le Balai Citoyen.

« … En ces moments névralgiques de l’histoire de notre pays, nous ne devons pas avoir la mémoire courte ; nous devons plutôt nous rappeler que ces émissions d’expression directe ont largement contribué à fertiliser la lutte de notre peuple ayant abouti à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Elles ont continué de jouer leur rôle de veille dès les premières heures de la transition … ». Le ton était clair, la détermination aussi. Le clou de la journée fut le refus du CSC de recevoir la déclaration des hommes de médias « sous prétexte que cette manifestation serait illégale ».

Les autorisations de manifester dans ce pays sont-elles maintenant délivrées par le CSC ? Nathalie Somé semble être en chute libre sans vitesse initiale. Les professionnels de médias n’ont d’ailleurs pas manqué de fustiger ces « déclarations et communiqués mensongers qui évoquent des ‘concertations fructueuses’ ». Pour eux, elle a même usé de stratégie en voulant utiliser ces « concertations » pour les opposer.

Ce que Nathalie Somé oublie, c’est que c’est parce que les médias prônent le professionnalisme, qu’il y a régulation. Aussi, c’est parce que les médias sont professionnels, qu’ils ont décidé de suivre les voies de recours légaux pour revendiquer et exiger le droit à la liberté d’expression et d’opinion chèrement arraché dans la sueur, les larmes et le sang. Le souvenir de Norbert Zongo a d’ailleurs fortement plané sur cette manifestation.

Dans le message des organisations professionnelles des médias, lu par Justin Coulibaly, président du Comité de Pilotage du Centre de Presse Norbert ZONGO (CNP-NZ), la levée de la suspension sous condition le 30 mai prochain est un non évènement : « … nous rejetons fermement votre projet de ‘charte’ et votre ‘code de bonne conduite’ qui conditionnent la levée de la mesure de suspension »

Dans ce pays, surtout en cette période post insurrectionnelle, ce genre « d’attitudes de suffisances » dont a démontré Nathalie Somé sont à bannir. « Nous savons tous qu’elle est du CDP, l’ancien parti au pouvoir. Quand on a été installé sous un régime autocratique, en cette période ou le vent de la liberté souffle sur le Faso, on devrait avoir la sagesse d’écouter les autres et de reconnaitre qu’on s’est trompé. Elle vient de prouver son incapacité à gérer le CSC … » a laissé entendre un manifestant brandissant une pancarte avec le message suivant : « il n’y a pas de radio ‘mille colline’ au Burkina ».

Vers la fin de cette manifestation, la tension était montée d’un cran. « Nathalie
dégage »
était devenu le leitmotiv des jeunes. Les organisations professionnelles des médias ont appelé « … les journalistes, les techniciens, les auditeurs, les lecteurs, les défenseurs des droits humains et de la liberté d’expression et de la presse, les démocrates de tous les horizons à rester mobilisés pour les actions futures » avant d’aller au CNP-NZ pour une concertation. A l’issue de ces échanges, un communiqué appelant à « reprendre dès jeudi 28 mai 2015 les émissions interactives sur tous les médias audiovisuels émettant au Burkina Faso » a été rendu public. Par ailleurs, ils mettent en garde le CSC contre toutes représailles consécutives à la reprise des émissions interactives. Le bras de fer est donc lancé et les organisations professionnelles de médias ne se reconnaissent plus dans les injonctions d’un CSC devenu impopulaire.

Ismaël COMPAORE

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

Article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH)

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