Niger : certains grands chantiers s’arrêtent à la pose de la première pierre !

PAYS : Niger
DATE DE PUBLICATION : jeudi 19 mars 2015
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

Certains grands projets lancés par Issoufou dans son programme de renaissance du Niger n’ont jamais débutés. Après les cérémonies grandioses de pose de la première pierre, les terrains sont abandonnés à eux-seuls.

Les travaux de la boucle ferroviaire un an après son démarrage avance à pas de caméléon. Ce chantier, lancé en Avril 2014, par son Excellence le Président de la République Elhadji Mahamadou Issoufou devrait concerner l’axe Niamey-Dosso. Le chemin de fer au Niger, on n’a jamais vu et personne ne l’espérait. C’est la société Bolloré qui devrait transformer ce rêve séculaire en réalité grâce à un partenariat public privé. Autrement dit, à travers un tel accord, l’Etat nigérien autorise cette société de réaliser et gérer l’exploitation de cette infrastructure commerciale à sa place. L’Etat accepte de prendre uniquement des taxes auprès de l’entreprise exploitante ou donne un délai d’exploitation qui, lorsqu’il est à échéance, l’Etat reprend l’investissement et procède à sa nationalisation. L’investissement devient ainsi un bien national. Raison pour laquelle, un responsable de Bolloré affirme lors de sa sorti d’une audience que lui a accordé le président de la république, que le chemin de fer qu’ils sont entrain de construire ne coûtera RIEN à mon pays. Je sais comme beaucoup de Nigériens que la phrase de ce Monsieur cache beaucoup de choses. Ce sont ces mêmes types de cadeaux empoisonnés que nous offrait toujours l’occident.

Les techniciens de cette société ont pris le lourd pari de faire siffler le train un 18 décembre 2014 dans la somptueuse cité des Djermakoyes rénovée sur fonds propre des contribuables nigériens à hauteurs de plusieurs dizaines de milliards de F CFA. DOSSO SOGA, il faut le reconnaître, est quand même un chantier bouclé à temps (à quelques exceptions prêtes) à la grande satisfaction de tout un peuple qui était venu partager sa joie dans cette ville pour les festivités du 18 décembre. Le président de la république a promis au Dossolais dans un de ces points de presse de venir chez eux en train. Le 18 Décembre 2014, jour de la fête de l’indépendance au Niger, Zaki (sobriquet du président Nigérien actuel) n’est pas arrivé à Dosso dans aucun train. À cet effet, les journaux locaux ont rempli leurs colonnes de cette histoire avant et après la date fatidique annoncée par les autorités nigériennes de l’inauguration du premier rail nigérien. Mais, la présidence de la république a fait de ça un non événement.

A la tête des grands chantiers en mal d’achèvement, il y a le rêve « préhistorique » du Niger colonial, de disposer d’une autonomie énergétique par la réalisation de son propre barrage hydro-électrique (Kandadji). Cette promesse alléchante a mobilisé tout un peuple autour de cet idéal. 48 mois après la prestation du serment de son excellence à la magistrature suprême, le Nigérien est en train de se convaincre que ce dit barrage n’est qu’un mirage qui s’éloigne chaque jour de l’horizon. Le site minier d’Imouraren qui devrait confirmer le Niger au 2ème rang mondial des pays fournisseurs de l’uranium se fond comme du beurre exposé au soleil du midi. La liste sera très longue et encore longue pour citer les grands chantiers non finis.

A Tahoua, c’est le cas de la nouvelle cimenterie de Garadaoua (département de Keita) dont la construction a été attribuée à l’entreprise BORKIR International, filiale de Dangote Group. Cette dernière, ne fait plus parler d’elle malgré la promesse très séduisante de l’entreprise qui promet aux nigériens le sac du ciment de Keita au plus tard au milieu de l’année 2015. Pres-qu’un an après rien n’est encore fait. Jusqu’à cette date, aucun n’ouvrier n’est sur le site. En juillet 2014, c’était à la pose de la première pierre du Complexe charbonnier de Salkadamna, dans la commune rurale de Takanamatt (département de Tahoua) qui devrait être réalisé par la société américaine Sources California Energy Services n’est pas en marge de cette situation. Ici encore, les travaux tardent à démarrer. La société américaine n’est-elle pas prête ? Le mercredi, 4 février 2015, à Bouza, toujours dans la région de Tahoua, a eu lieu le lancement officiel des travaux du cadet des grands chantiers, le bitumage de la Route Madaoua-Bouza-Keita-Tamaské. Nos amis Chinois ont la grâce insigne d’exécuter ce contrat. Personne au monde ne doute de leur capacité mais, au regard des autres chantiers, il y a lieu de ne pas commencer à leur jeter des fleurs. Et il est important de se poser certaines questions. Ce chantier est en droit de s’inquiéter de l’épidémie de « nanisme » qui empêche son frère, le bitumage du tronçon Niamey-Filingué-Tahoua de grandir rapidement. Mais comment peut-on expliquer cette lenteur ? L’objectif de la renaissance du Niger n’est plus à l’ordre du jour ? Le Ministre de l’équipement et les bureaux d’études concerné sont-ils vraiment au courant de tout ce qui se passe ?

Article initialement publié sur le blog de Tajane

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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