Nouveau « goudron », une raison injuste d’augmentation de loyer à Ouaga !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mardi 5 avril 2016
CATEGORIE : Blog
THEME : Logement
AUTEUR : Redaction

Au Burkina Faso comme dans bien d’autres pays africains, les loyers sont fixés au gré du propriétaire (bailleur comme on les appelle). La question du loyer crée d’énormes problèmes entre locataire et bailleur. Il n’y a aucun barème qui fixe le prix de location des maisons au Burkina Faso. La tension est parfois visible entre les acteurs. La loi statuant sur la question tarde à être appliquée bien qu’ayant été adoptée depuis le 22 décembre 2015. Il arrive que le prioritaire de maisons expulse le locataire sans préavis. Les cas sont légions. La série télé burkinabè, celibatorium, dans lequel El hadji peut prendre plaisir à mettre ses locataires dehors instantanément en est l’illustration parfaite.

5, 10, 15 ans, voire plus, peut être le temps de résidence d’un locataire dans une maison. Tout va bien. On s’entend bien avec le bailleur. On est parfois même adopté dans la famille au cas où le propriétaire habite dans la cours avec ses locataires. Mais parfois, c’est du casse-tête chinois. « Il n’y a rien de plus chiant que d’avoir le bailleur dans la même cour que ses locataires », se lâchent certains. L’absence de règles favorise les abus et un certain désordre dans le secteur. Il en résulte une augmentation des conflits dans les relations bailleur-locataire.

Tout change si le goudron parvenait à passer devant la concession. En effet, les maisons prennent une valeur exponentielle lorsque le goudron passe non loin de là. Parfois, la présence d’une route bitumée dans le quartier est une raison suffisante pour tripler les loyers. Il est vrai qu’une route bitumée développe le quartier à travers les activités qui s’y développent. Le quartier est également embelli. Il est vivant. Mais quel est le lien avec l’augmentation du prix ? Le locataire a-t-il décidé de transformer la maison en un centre commercial ? Le bailleur a-t-il participé d’une manière directe à la construction de la voie ?

« La maison a pris de la valeur maintenant », telle est la réponse que le bailleur vous collera en pleine figure si vous cherchez à comprendre les raisons de l’augmentation du loyer. Il ne reste plus qu’à quitter la maison ou à se plier au nouvel ordre. Une maison ne peut prendre de la valeur que lorsqu’elle a été rénovée ou a connu des aménagements. Une raison trop plate pour justifier cette augmentation qui est en elle-même injustifiée. La route a été bitumée avec les revenus provenant des taxes et impôts prélevés par l’État ou sur des prêts contractés au nom de tous. C’est donc le revenu du contribuable. En vertu de quoi certains individus augmentent-ils impunément le prix des locations des maisons d’habitation ?

Le ministre de l’habitat et de l’urbanisme de la transition, Réné Bagoro, avait fait la question de régulation de prix des maisons son cheval de bétail, mais jusque-là c’est toujours le statut quo. Il avait dit dans ce sens que : « Dans ma lettre de mission, le prix du loyer est pris en compte. Nous allons soumettre un texte sur le bail locatif, (…) qui va avec le concours des spécialistes fixer le prix du loyer en tenant compte d’un certain nombre de caractéristiques de sorte que quelqu’un ne vienne pas augmenter le loyer tout simplement parce qu’on a fait un goudron à côté de son domicile, comme s’il y avait participé ». vivement que cette loi qui a été adoptée soit appliquée dans toute sa rigueur pour éviter l’anarchie !

Masbé NDENGAR

« Un Africain authentique est celui-là qui sait ce que ses ancêtres faisaient avant. Si vous ne connaissez pas votre passé, vous n’êtes pas un Africain. Si vous ne savez pas ce que faisaient vos ancêtres vous n’êtes pas un Africain. Si vous interroger les africains, 90% d’entre eux ne savent pas que leurs ancêtres ont été les premiers à avoir créé une religion donc ils suivent ce qu’on leur dit, ils appliquent ce qu’on leur dit et rejettent leur propre origine. On ne peut s’en sortir quand on rejette sa propre origine. On ne peut pas se réaliser dans la peau d’autrui. Un Africain ne sera jamais un Français, ne sera jamais un Arabe…il faut qu’il soit lui-même : c’est ça être un Africain authentique. Être soit même, savoir ce que les ancêtres faisaient et essayer de suivre la route. Si on fait cela, vous verrez qu’en moins d’un quart de siècle on s’en sortira. Notre jeunesse sera une jeunesse forte à l’égal des jeunesses d’autres pays du monde »,

Doumbi Fakoly sur Droit Libre TV en Janvier 2017.

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