Opposition béninoise : Entre ambition et politique du "ventre" !

PAYS : Bénin
DATE DE PUBLICATION : lundi 18 janvier 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Politique

Le président Béninois, Yayi Boni ne se présentera pas à l’élection présidentielle qui se tiendra le 28 février 2016. Tirant leçon de l’insurrection burkinabè des 30 et 31 octobre 2014, il y avait renoncé. Pour une décision sage, c’en était une. Mais pour le commun des Béninois, on n’est pas sorti de l’auberge puisque c’est son premier ministre Lionel Zinsou qui a été désigné pour le succéder.

Yayi Boni ne sera pas en lice pour la présidentielle dont le 1er tour est prévu pour le 28 février mais son premier ministre Lionel Zinsou si. En quoi cela a changé la donne dans la mesure où Yayi Boni a propulsé son bras droit au fauteuil présidentiel ? Jeu politicien ou une manière pour Yayi de continuer à gérer les affaires de l’Etat à distance ? Décidément, lorsqu’on a gouté aux délices du pouvoir il est difficile de s’en défaire : c’est une tradition au Sud du Sahara. Surtout lorsqu’on se pose l’épineuse question de savoir ce qu’il faut bien exercer comme métier en dehors du palais présidentiel.

L’opposition était allée en rang serré contre cette candidature mais zut, certains partis comme Parti de renouveau démocratique (PRD) d’Adrien Houngbedji, ont « trahi la lutte ». Ils ont fait volte-face en allant dans le camp de l’ennemi commun d’hier. Lionel Zinsou a donc le soutien d’un des poids lourds de la politique béninoise. Le PRD, quoi qu’on dise est une force incontestable qui capitalise près de 20 % de l’électorat concentré au sud-est du pays. Cela n’a pas manqué de susciter l’indignation du peuple béninois qui ne voit qu’en ce leader politique le germe de la traitrise. On ne diaboliserait pas pour autant le responsable du PRD dans la mesure où ces petits jeux d’alliance font partie du jeu démocratique. Un choix responsable ou pas, ça n’engage que lui.

Nonobstant, on ne peut plus s’empêcher de se poser la lancinante question sur l’avenir de l’opposition dans certains pays africains. L’égoïsme ou la boulimie du pouvoir des leaders de l’opposition les empêche de fédérer leurs énergies pour une action commune. « Mieux vaut être la tête du rat que d’être la queue du lion » semble être leur credo.

Tout porte à croire que la compétition électorale est un marché et l’offre et la demande s’évaluent par rapport à la personne qui appelle à consommer. Dommage !

Masbé NDENGAR

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

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