Pauvres bébés ouest-africains !

PAYS : Niger
DATE DE PUBLICATION : lundi 30 juin 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Société
AUTEUR : Redaction

Où va l’Afrique ? Sujet de dissertation, de panel, de forum etc., ce thème a fait l’objet de plusieurs réflexions sur le continent et ailleurs. Il est mainte fois sollicité pour réunir des experts et mainte fois des constats, suggestions et recommandations sont adoptés et transmises à qui de droit, aux décideurs. Mais hélas, on s’embourbe malgré tout d’année en année sur le plan moral et des pays font face à de nouvelles formes d’extrémismes, d’actions criminelles et déshumanisantes. En Afrique de l’ouest ces derniers mois, on a assisté à une montée d’écarts de comportements balayant du revers de la main, l’éthique du vivre ensemble et du bien-être en communauté. Comme un coup de théâtre, la semaine dernière au Niger une vingtaine d’arrestations de « présumés coupables » dans une affaire de trafic de bébé.

L’aboutissement d’une enquête trilatérale

C’est entre le Nigeria, le Bénin et le Niger qu’une enquête internationale conduite par des agents de ces pays fut diligentée. Le résultat est amer et sans appel. Un immense réseau de trafiquant d’enfants fut démantelé. C’est au Nigeria que sont basées ces fameuses « usines de bébés ». On se souvient des multiples raides et découvertes macabres de la police Nigériane ces dernières années en ce qui concerne ce trafic illicite qui prend une proportion de plus en plus importante. Le Niger est l’une des bases arrière, une bonne partie de la clientèle s’y trouve même si le marché international est la cible privilégiée de ces trafiquants. Parmi les prévenus, auditionnés par la justice nigérienne, 18 ont été inculpés pour « supposition d’enfants », c’est-à-dire qu’ils se sont attribués la maternité d’enfants alors qu’elles ne sont pas les auteurs. Le Bénin aussi en regorge des cas similaires et bien d’autres pays voisins. Mais qui peuvent bien être ces femmes « sans cœurs »  ?

Les coupables d’un trafic illicite et immoral

Cette semaine, il aura certainement d’autres arrestations et révélations. Parmi la vingtaine de nigériens arrêtés, les femmes sont les plus nombreuses. Des femmes d’importantes personnalités de la république y figurent. Des épouses de ministres, de parlementaires, d’opérateurs économiques ... à l’image de l’épouse d’Abdou Labo, actuel ministre de l’Agriculture, de l’une des épouses du président du parlement etc. auraient été appréhendées. Elles sont les éventuels « cerveaux » de cette « bêtise humaine ». Surement pas les seules, le Bénin et d’autres voisins à l’image du Burkina, du Mali, du Togo, du Ghana etc. en regorgent certainement des têtes, pas des moindres. La rumeur coure et les forces de l’ordre de ces différends pays doivent accentuer leurs collaborations de travail afin que la lumière, toute la lumière soit faite sur cette atrocité.

Répugnantes, ces dames sans vergogne !

Incompréhensible que des mères de familles, africaines de surcroit, s’adonnent à cette pratique. Pour l’envie d’être mère ? Pour l’argent ? Pour la gloire ? Les questions sont multiples et trottent dans tous les esprits. Où est passé cette amour maternelle légendaire reconnu à nos sœurs, femmes, mères et grandes mères ? Même le désir le plus ardent ou la ferme volonté d’une femme d’avoir un enfant ne saurait justifier un tel comportement. Des « impuretés » de cet acabit n’ont pas droits d’être cités et ne sont que des mauvaises graines d’une Afrique ou l’enfant est « sacré », aimé et protégé et la chaleur maternelle très poussée. Celles déjà arrêtées doivent être punis à la hauteur de leurs forfaitures et les autres traquées jusqu’à leurs derniers retranchement pour que plus jamais un bébé africain ne soit la cible de ces « sorcières ».

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

img