Présélections du concours « 10 mn pour convaincre » du festival Ciné Droit Libre 2014 : Les finalistes du 03 juin sont connus !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 21 mai 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Culture

Les rideaux sont tombés le week-end dernier sur la phase de présélection du concours de débat « 10 mn pour convaincre » parrainé cette année par l’humoriste ivoirien Adama Dahico. Initié dans le cadre du Festival Ciné Droit Libre porté par l’association Semfilms il y a maintenant cinq (5) ans, ce concours a pour objectif de susciter l’engouement de la jeunesse, en particulier estudiantine, pour le débat intellectuel. La cité universitaire « chinoise » de Gounghin, la cité de la patte d’oie et de Kossodo étaient concernées par cette manche. Les candidats les plus méritants, doués en art oratoire, soit deux (2) par cité, rejoignent directement, pour une finale à huit (08), ceux de Institut Panafricain d’Etude et de Recherche sur les Médias, l’Informations et la Communication (l’IPERMIC) et du concours de débat Toast-master de Bobo-Dioulasso. En attendant la finale prévue pour le trois (3) juin, cap sur cette phase de présélection qui a été riche en mots, en son et en image.

L’Etape de la cité « chinoise » de Gounghin

C’est à la cité « chinoise » que le bal de l’édition 2014 du concours de débat 10 mn pour convaincre fut officiellement lancé ce vendredi 17 mai. Devant un public estimé à près de trois cent (300), les étudiants ne se sont pas fait marchander pour sortir soutenir leur candidat. Huit (08) étaient en liste pour la conquête des deux (2) places de finaliste. Pour joindre l’utile à l’agréable, des artistes slameurs et rappeurs ont été invité à la soirée. C’est ainsi que Inouss, Pivot et Busta Gaenga se sont produits offrant tout simplement un spectacle riche en messages, en rythmes et en rimes au plus grand plaisir des spectateurs. Parmi les thèmes en compétition, l’actualité burkinabè figurait en bonne place. C’est ainsi que des thématiques comme : « pour ou contre la modification de l’article 37 ? », « le MPP au pouvoir : vraie alternance ou continuité du régime Compaoré ? », « pour ou contre le référendum au Burkina ? » etc. ont été défendu d’arrache-pied par les candidats. A l’issue de la compétition, le jury composé de Piiga Souleymane, Jean Marie Nabi et du délégué de la cité ont désigné unanimement SOUGA Marc et SIRI Mamadou respectivement premier et deuxième comme étant les heureux vainqueurs qui défendront les couleurs de la cité « chinoise » à la finale. Rappelons que la cité « chinoise » n’a jamais remporté cette compétition depuis sa création. Mais Que s’est-il passé du côté de la cité de la patte d’oie ?

A la cité universitaire de la patte d’oie

La cité universitaire de la patte d’oie est réputée être une cité moins réactive, s’intéressant moins aux activités d’éveil de conscience, de formation et de promotion d’idées. Le constat sur place ne fut pas très loin de cette réalité. L’inscription sur les listes de participation fut très lente occasionnant un retard de près d’une (1) heure avant le début des hostilités. Ayant débuté avec quatre (4) candidats, quatre autre viendrons s’enregistrer au plus grand plaisir des organisateurs. Avec les mêmes thèmes qu’à la cité « chinoise », ces étudiants ont manié la langue de Molière sur la base d’idées de chez Sankara. Les artistes Inouss, Koussoubé, l’umouriste Boukaré et Busta Gaenga ont tenu en haleine le public présent à travers des prestations dignes de leur trempe. A l’issu des débats, Abdoulaye OUEDRAGO et Abdoul Karim LOFO se sont distingués et sont ainsi qualifiés pour représenter la cité patte d’oie à la finale du 03 juin. La cité Kossodo fut la dernière escale étape de ces présélections 2014.

Cité Kossodo, la cité « révolutionnaire »

La cité Kossodo mérite son titre de « cité révolutionnaire ». Détenteur de trois (3) des cinq (5) trophées de ce concours « 10 mn pour convaincre », elle est sans doute, encore cette année, une candidate sérieuse à la plus haute marche du podium. Dès dix-huit heures, les habitants de cette cité étaient déjà mobilisés pour soutenir les dix (10) candidats inscrits. La soirée a débuté par la musique et une projection de clips et de films documentaires. Le tout nouveau clip du « collectif tékré » basé aux Etats-Unis et appelant le président du Faso à « stopper ses velléités de modification de l’article 37 par le biais d’un référendum » fut la découverte de la soirée. D’autres documentaires comme celui sur la vie et l’œuvre de l’un des premiers rappeurs Burkinabè, Basic Soul , produits par la chaine Droit Libre TV furent également projetés. Après le divertissement instructif, place aux débats. « Pour ou contre le système LMD au Burkina ? », « Robert Mugabé : leader ou dictateur ? », « le MPP au Pouvoir : vraie alternance ou continuité du régime Compaoré ? », « pour ou contre l’intégration des langues africaines dans les programmes scolaires et universitaires ? » etc. ont été entre autres les thématiques traitées par les candidats. C’est au moment où chacun défendait farouchement sa position ou s’apprêtait à la faire devant des fans clubs également gonflé en bloc que dame pluie s’invita à la soirée. Cela ne fut pas un grand obstacle face à la motivation des candidats et du public. L’activité fut rapidement déportée avec la même envie et détermination dans la salle de conférence de la cité. C’est à la fin de duels âprement discutés et très instructifs que le jury a proclamé les résultats faisant de BONKOUNGOU Gérémie et Bationo Kilaye Olivier les heureux finalistes de la cité Kossodo.

En plus du trophée, des livres, des abonnements annuels à des journaux de la place, des formations, des tee-shirts et autres gadgets etc. que le concours « 10 minutes pour convaincre » décerne chaque année, le « prix de la cité la plus chaude », c’est-à-dire la cité qui va le plus pousser ses candidats vers la victoire a été institué. En attendant, la finale de ce grand concours aux ambitions nationales prévue pour le 03 juin prochain sous le hall de l’amphi A600 de l’Université de Ouagadougou, une formation est prévue dès la semaine prochaine au profit des finalistes des différentes cités.

Ismaël COMPAORE

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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