Revendication de la CCVC : Que le tandem Kafando-Zida s’exécute !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mardi 3 février 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Société
AUTEUR : Redaction

Le bras de fer entre les organisations de lutte contre la vie chère et le gouvernement semble se durcir. Le prix des hydrocarbures constitue le nœud du problème. La réduction de 25f sur le litre d’essence appliquée en janvier est jugée insignifiante par les syndicats. La lutte se poursuit donc avec un sit-in prévu pour le 4 février 2015. Ce sit-in sera prolongé par des grèves générales les 17 et 18 février 2015. L’horizon s’annonce sombre pour le mois de février au Faso.

La Coalition de lutte contre la vie chère (CCVC), la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés a annoncé un sit-in pour le 4 février prochain au cours d’une conférence de presse animée le 19 janvier 2015. Depuis un certain temps, le prix des hydrocarbures ne cesse de dégringoler sur le marché international atteignant le seuil de 45 dollars le baril. Mais sous les cieux du Faso, rien n’a été revu à la baisse. Les essenceries affichent toujours les gros chiffres comme au temps fort des prix du baril. La baisse de 25 f sur le litre d’essence décidée courant janvier n’a pas rencontré l’assentiment de certaines organisations de la société civile. Cette baisse est jugée très insignifiante au regard du coût très bas du baril du pétrole sur le marché international. Par ce sit-in de trois heures le 4 février devant le ministère du commerce, la CCVC entend obliger le Gouvernement à revoir la copie de la baisse des prix des hydrocarbures dans notre pays. Elle annonce par ailleurs une grève générale les 17 et 18 février 2015 pour davantage mettre la pression sur le Gouvernement de Yacouba Isaac Zida.

Des revendications légitimes

En rappel, en 2012 lorsque le prix de l’essence a augmenté de 50 f CFA à la pompe, cela s’est répercuté sans tarder sur tous les produits : les compagnies de transport ont appliqué une augmentation d’au moins 1000 f sur tous les axes reliant Ouagadougou aux autres villes du Burkina. Le prix de la course du taxi à Ouagadougou est passé de 200f à 300f. Le gaz butane n’était pas en reste : le prix initialement fixé à 4000 f a été revu à la hausse ; 5000 f pour la bouteille de 12kg. 500 f ce sont ajoutés sur les bouteilles de 6kg, soit 2000 f au lieu de 1500 f. Que dire des denrées de première nécessité ? Elles aussi ont connu une flambée vertigineuse.

S’il est normal que le prix du consommable augmente parce que celui du carburant connait une hausse alors il est plus que logique de revoir à la baisse tous les prix des autres produits quand le prix des hydrocarbures baisse. C’est en cela que la revendication de la CCVC est légitime. Il est aussi temps que le gouvernement de transition soit plus regardant sur le marché pour éviter les spéculations tous azimuts. La CCVC estime que la baisse doit être substantielle pour permettre à la population de souffler un tant soit peu. Soit une baisse allant de 150 à 200 f sur le litre.

Des revendications légitimes certes mais force est de reconnaître que le tandem Kafando - Zida ne peut pas résoudre tous les maux qui minent la société Burkinabè. Néanmoins, les préoccupations les plus urgentes peuvent être prises en compte.

Masbé NDENGAR

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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