Révolution du 30 octobre 2014 : les recettes en berne !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 7 novembre 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Economie
AUTEUR : Redaction

La révolution populaire du 30 octobre 2014 qui a eu raison du pouvoir de Blaise Compaoré a été néfaste pour tous et sur tous les plans. Sur le plan politique la population fait face à un imbroglio des acteurs politiques et ne sait à quel sein se vouer. On observe aussi un refroidissement dans les activités culturelles. Les conséquences ont été très dramatiques en perte en vie humaine : environ une trentaine de morts et des centaines de blessés. Mais qu’en est-il de l’activité économique ? Très tragique, affirment certains et sans espoir d’un lendemain meilleurs soutiennent d’autres. Une chose est sûre, après les pertes tragiques en vie humaines et les nombreux blessés, l’économie reste l’un des secteurs, le plus touché. Aujourd’hui la crise semble se conjuguer au passé mais la relance demeure encore timide. Pour mesurer l’impact de cette crise sur l’économie nous avons tendu notre micro, dans les rues de Ouagadougou à quelques acteurs de la filière économie. Découvrez leurs points de vue.

Jeudi 30 octobre 2014, le soleil émerge timidement de sa coquille et tarde à briller sur Ouagadougou. Le même scénario semble se produire un peu partout dans la plupart des grandes villes du Burkina. Les quartiers se vident de leurs populations et deviennent subitement des quartiers fantômes. Les rues sont désertes. Où sont passés les gens ? À la place de la révolution, pourrait-on répondre n’importe qui. De la station d’essence ou des boutiques en passant par les restaurants, les librairies, les magasins, bref tous les commerces ont été hermétiquement fermés. On se souvient encore que l’équipe de Droit Libre TV en reportage en plein cœur de Ouaga avait du mal a trouvé ne ce reste qu’une tasse de café pour se requinquer. Visiblement, le secteur économique était littéralement paralysé. Les pillages et les casses l’ont totalement asphyxié. Les pertes en matériels ou en argent sont inestimables. Certains commerçants dressent leur bilan :

« Nous avons fermé pendant trois jours et cela a été un coup très dur pour nous dans la mesure où notre recette journalière est estimée à 250 000fcfa », a déclaré Gabin Bako, employé au niveau de l’entreprise Nana secrétariat. Un calcul rapide affiche donc un chiffre de 750 000fcfa qui représente une perte pendant cette période qu’a duré la fermeture. Pour Gabin Bako, leur entreprise a perdu approximativement 250 clients par jour, ce qui n’est pas négligeable non plus mais il n’est pas question de regretter dans la mesure où c’est pour une bonne cause : la révolution qui est à l’origine du changement de régime.

Pour Alimata Coulibaly, gérante de restaurant, cette crise a profondément touché son activité. De son avis, avant la crise, elle enregistre une quarantaine de clients par jour mais depuis lors le nombre de clients ne dépasse guère dix. Et cela lui coûte, en termes de revenu, environ 40 000 fcfa par jour. Elle aurait donc perdu pendant les jours que son restaurant est resté fermé une coquette somme de 280 000f. Et à sa consœur madame Konaté de renchérir : « nous avons perdu environ 100 000f par jour et cela pendant trois jours consécutifs ». « Vu tout ce qui s’est passé, je ne peux que souhaiter une bonne entente et une paix durable dans le pays », a-t-elle souhaité.

Une autre entreprise une autre réalité. Assises cote à cote, Estelle et sa sœur présentent un air pensif avec un visage quelque fois crispé. Amicalement et timidement, elles ont répondu à ma salutation. « Je suis venu pour me coiffer », leur ai-je confié, souci de détendre l’atmosphère. Fugitivement, Estelle jette un coup d’œil sur ma tête et pouffe de rire avant de laisser entendre : « cela nous ferait plaisir, même si vous êtes un garçon, parce que depuis ce matin (il était 11h) nous n’avons reçu aucune cliente ». Estelle poursuit en disant que son salon de coiffure est resté fermer pendant dix jours ce qui représente la bagatelle somme de 200 000f.

Le cap est mis à la librairie d’Ali Gnondgo qui manifestement n’a pas de bilan ahurissant à présenter hors mis les 300 000f que ses créanciers lui devraient verser fin octobre mais qui malheureusement a été reporté à une date ultérieure. « C’est vrai que j’ai fermé quelques jours mais l’impact est mineur. Moi qui suis dans le secteur informel, je ne sens pas trop de répercussions sur mon activité, peut être les jours à venir », a confié Ali Gnondgo, partagé entre l’interview et la vente d’un livre.

C’est le même son cloche chez Ismaël Tapsoba, vendeur de portables qui, sans détour parle de la répercussion directe de la crise. « J’ai fermé ma boutique pendant trois jours ce qui m’a valu une perte de 400 000f environ », foi de Ismaël Tapsoba.

Tous reconnaissent avoir perdu quelque chose mais aucun d’entre eux n’a cédé à la déception, dans la mesure où selon eux c’était pour une cause noble.

Masbé Ndengar pour Droit Libre TV

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

Article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH)

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