Sénégal : la souffrance et la servitude des talibés continuent !

PAYS : Sénégal
DATE DE PUBLICATION : mardi 21 avril 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Société
AUTEUR : Redaction

Human Rights Watch et la Plateforme pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme (PPDH) dénoncent une décennie d’abus dans les écoles coraniques au Sénégal.

Pour ces organisations de défense des droits humains, l’exécutif sénégalais a failli à sa mission de protection des bouts de bois de Dieu, des enfants. Les auteurs d’abus ne sont pas inquiétés. Malgré l’adoption d’une loi réglementaire datant de 2005 visant à protéger les enfants contre la traite et les pratiques assimilées, les écoles coraniques sont loin de s’y soumettre et l’exploitation des enfants continue. De nos jours, des dizaines de milliers d’enfants (estimés à plus de 30 000) sont exposés au risque. D’autres croupissent déjà sous le poids des sévices de tout genre et de l’exploitation quasi quotidienne. Une situation alarmante qui fait dire à Corinne Dufka, directrice de recherches sur Afrique de l’Ouest que : « Les exactions commises par ces prétendus maîtres sont visibles par tous chaque jour et malgré tout, la police et le système judiciaire continuent de s’abstenir d’ouvrir des enquêtes et de leur faire rendre des comptes. Pour la société sénégalaise, c’est comme si les souffrances des talibés se trouvaient dans un angle mort. »

Votre Web-télé DROIT LIBRE TV avait également fait le tour des rues de Dakar pour étudier ce phénomène.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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