Discours de Thomas Sankara à l’ONU (4 octobre 1984)

DATE DE PUBLICATION : dimanche 5 octobre 2014
THEME : Politique

« Je viens en ces lieux vous apporter le salut fraternel d’un pays de 274000 km², où sept millions d’enfants, de femmes et d’hommes, refusent désormais de mourir d’ignorance, de faim, de soif, tout en n’arrivant pas à vivre véritablement depuis un quart de siècle d’existence comme Etat souverain, siégeant à l’ONU.

Je viens à cette Trente-neuvième session vous parler au nom d’un peuple qui, sur la terre de ses ancêtres, a choisi, dorénavant de s’affirmer et d’assumer son histoire, dans ses aspects positifs, comme dans ses aspects négatifs, sans complexe aucun. »

Sankara visionnaire ? En se présentant, le 4 octobre 1984, à la tribune des Nations unies, le jeune capitaine burkinabè était loin d’imaginer que, 30 ans plus tard, la plupart des thèmes de son discours resteraient d’actualité. Y compris son implacable réquisitoire contre les grandes puissances, qui reste aujourd’hui encore ancré dans les consciences de la jeunesse africaine. Le fougueux révolutionnaire sera assassiné lors d’un coup d’État trois ans plus tard, le 15 octobre 1987.

Il y a trente ans, son discours onusien marquait l’acte fondateur du mythe Sankara dans le monde. Pendant près d’une heure, sans faire de pause pour se rafraîchir, le tout nouveau président de l’ancienne Haute-Volta, rebaptisée un mois plus tôt Burkina Faso, livrait sa vision des enjeux géopolitiques mondiaux.

Vidéo publiée par Antoine W Dabilgou - negro1er (chaine youtube)

Texte intégral du discours sur le site Thomassankara.net

« L’entraînement est une réponse prévisible à une situation prévisible. L’éducation, quant à elle, est une réponse “raisonnée” à une situation imprévisible – en d’autres mots, l’exercice du sens critique pour répondre à l’inconnu. ».

Ronald Haycock in “The Labors of Athena and the Muses” (p. 171)

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