Tiémoko et Kalilou, sans abris ivoiriens à...

DATE DE PUBLICATION : mardi 26 décembre 2017

Tiémoko et Kalilou, sans abris ivoiriens à Paris : « lorsque je vivais chez moi au pays (en Côte d’Ivoire) j’étais à l’aise. Je n’ai jamais dormi dans la rue. Actuellement nous sommes des réfugiés en France : sans famille, sans papiers, sans rien (…). La vie d’un sans-abri en France est dure, c’est très, très difficile ; plus que le mot difficile lui-même ! Un sans-abri n’est rien dans la société. La France fait comme si elle respecte les droits humains alors que ce n’est pas le cas. Laisser les gens dormir dans la rue, ça me touche ».

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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