Violée à la première affectation

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mardi 26 décembre 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Genre
AUTEUR : Aïssata Sankara

Le rêve de Debbo, enseigner. Un rêve devenu réalité après un concours de la fonction publique. Mais un rêve, vite transformé en cauchemar. Aussitôt affectée pour sa première prise de fonction, Debbo est violée par le directeur de son école.

Dévastée et condamnée au mutisme pour échapper au regard de la société, 13 années se sont écoulées avant qu’elle ne décide de briser la glace et de libérer la parole.

Cette courageuse libération à été provoquée par la projection du film » Femmes de soleil » de Samba Touré lors de la caravane « Genre et TIC » de Semfilms. Une démarche, dit-elle, pour qu’aucune femme ne subisse ce traumatisme en voulant servir son pays.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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