Wendlamita KOUKA : Pour plus de justice et d’égalité dans le monde

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 22 octobre 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Culture
AUTEUR : Redaction

Parolier de son état, Willfried Ouédraogo alias Wendlamita Kouka, à la fois artiste musicien et peintre dépeint les méfaits de la société sans faut fuyant. Forgé dans le moule de la poésie depuis le séminaire, Wendlamita Kouka, puisque c’est de lui qu’il s’agit manie avec une certaine finesse dont lui seul détient le secret, la langue de Molière et celle de Naba Wobgo (le mooré), agréables dans la forme mais surtout dans le fond. Le travail de longue haleine qu’il a abattu a accouché d’un lion : la sortie d’un nouvel album baptisé « racaille ». Ledit album a été présenté à la presse ce 21 octobre 2014.

« Pour l’heure c’est le meilleur album de l’année 2014 », foi de Georges Kaboré, directeur du Centre culturel burkinabè (CCB) témoignant ainsi la qualité du nouvel opus de Wendlamita Kouka. Ce chef d’œuvre de 11 titres a été présenté devant un parterre d’hommes de médias le 21 août 2014 à Ouagadougou. Le respect du droit d’autrui, la soumission de l’homme à son semblable, la question du genre et de l’émancipation de la femme, le dilemme face aux choses de la vie, tous ces thèmes ont été abordés sans langue de bois par celui- là qui a tronqué la craie contre la guitare. « Racaille » ou album aux textes matures et aux mélodies entrainantes est un mélange d’une dizaine de rythmes. Cette diversité rythmique a suscité la question à savoir si l’album n’est pas un ramassis de pourtour ? Ce que l’artiste réfute en ces termes : « je n’ai pas de genre musical. Mon genre c’est le terre à terre ».

La genèse de « Racaille »

« Racaille », pourquoi ce mot à connotation péjorative pour baptiser l’album ? Pour l’artiste c’est une référence sinon une réponse aux propos de Sarkozy de 2005. En effet, en 2005 lors des manifestations dans les banlieues parisiennes, Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur se confie à une femme en ces termes : « vous en avez assez madame ? Vous avez assez de cette bande de racaille ? On va vous en débarrasser ». Ainsi ce nom de baptême se veut-il le thème abordant les différences et les inégalités entre les hommes. Selon Wendlamita Kouka et si cela dépendait que de lui, le mot racaille serait purement et simplement supprimer du dictionnaire : « on n’a pas le droit de prononcer ce mot et comme il a été inventé par les hommes, il peut aussi être supprimé », a laissé entendre l’artiste avant de poursuivre avec une certaine mélancolie dans la voix : « Nul ne saurait être une racaille dans la mesure où nous sommes tous des hommes ». C’est clair que le propriétaire de racaille prône l’égalité entre les races. Il s’érige en défenseurs des faibles et des marginalisés de la société en disant que c’est un mot qui désigne la basse classe de la société et dénigre du coup l’être humain. « Cette basse classe de la société n’est pas composée des dinosaures mais des êtres humains comme les autres. Il n’est donc pas question de la marginaliser », a confié l’artiste aux journalistes avant d’essuyer les hourras et les vivats de ses compères venus le soutenir.

‘Noblemdougou’, pays ou tout va bien

L’artiste fait aussi de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Il fustige, selon lui, ce mal qui gangrène la société. L’égalité à la chance, c’est ce que Wendlamita Kouka prône à travers le titre ‘noblemdougou’ (le pays où tout va bien). « À noblemdougou, c’est les femmes qui marchent, corrompus à mort, tous les hommes se cachent … ». C’est ainsi qu’il dépeint la société corrompue. A l’entendre, la corruption soumet l’homme à des situations inacceptables alors qu’il a droit à une vie digne de ce nom. Il n’a pas manqué d’évoquer l’immobilisme politique et de se moquer des parodies d’élections qui sont organisées à travers le continent africain. Outre le titre éponyme racaille et ‘noblemdougou’ neufs autres titres sont à découvrir.

« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».

Nelson Mandela, in Un long chemin vers la liberté.

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